Attaques de bateaux : les orques sont-elles en train de « se passer le mot » ?

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Il y a quelques jours, une orque s’est attaquée à un bateau au large de l’Écosse, au Royaume-Uni. C’est la première fois qu’une telle attitude est observée au-delà des eaux portugaises et espagnoles où les attaques de ce genre se multiplient depuis plusieurs mois. Selon un expert, il est possible que ce comportement ait été transmis à une autre population d’orques.

Le 19 juin dernier, au large des côtes écossaises, Wim Rutten, seule à bord, venait de fixer une ligne de pêche pour attraper du maquereau lorsqu’une orque a visé son embarcation à plusieurs reprises. Le grand mammifère semblait « rechercher la quille« , dit-elle au Guardian. Or, c’est précisément la partie du bateau que les orques des eaux ibériques semblent viser avec une efficacité redoutable depuis environ dix-huit mois. Ces animaux, qui intègrent une petite population en voie de disparition d’environ trente-neuf individus, auraient déjà coulé trois bateaux et endommagé plus d’une centaine d’autres embarcations. Dans certains cas, les orques suivent même les bateaux jusqu’au port après avoir cassé le gouvernail.

S’agit-il d’un comportement vengeur pour les orques ?

Selon un rapport du Parlement européen, le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) traverse chaque année le détroit de Gibraltar lors de sa migration depuis les sites de frai de la mer Méditerranée vers les aires d’alimentation de l’Atlantique Est. Les rencontres avec des orques pourraient donc être liées à ces migrations. Pour certains experts, ce comportement pourrait aussi avoir débuté avec une femelle adulte nommée White Gladis qui aurait survécu à une collision avec l’un de ces bateaux. Cet événement traumatisant aurait ensuite mené l’animal à déclencher les premières attaques. Il est également possible que les orques perçoivent simplement les bateaux comme une menace pour leur approvisionnement alimentaire et leur survie.

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Crédits : Cavan Images/iStock

Depuis, le comportement se serait transmis à d’autres individus. Pour l’heure, les experts ont identifié treize de ces orques particulièrement agressives. Parmi elles, onze sont des juvéniles. « Le comportement semble se propager par l’apprentissage social, les orques s’imitant et reproduisant des actes qu’elles jugent avantageux ou intéressants d’une manière ou d’une autre », selon Alfredo López Fernandez, biologiste et représentant du Grupo de Trabajo Orca Atlántica, ou Atlantic Orca Working Group (GTOA).

Le dernier incident survenu au large des îles Shetland, en mer du Nord, pourrait donc suggérer que les orques de la région ont acquis la compétence de leurs voisines du sud de l’Europe. Bien que 3 200 km séparent les orques de la mer du Nord de la population ibérique, certains individus très mobiles pourraient effectivement transmettre ce comportement sur de longues distances.