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Atlantique : les tempêtes et cyclones tropicaux sont si nombreux que les noms menacent de manquer !

Ouragan Laura vu depuis l'ISS le 26 août 2020. Crédits : Chris Cassidy / @Astro_SEAL.

La saison des ouragans 2020 était prévue particulièrement active dans l’Atlantique nord. Des prévisions confirmées par le recensement d’un nombre record de phénomènes tropicaux aussi tôt dans l’année. En effet, dernièrement le NHCNational Hurricane Center – nommait déjà le 17e phénomène de la saison (René). Aussi, la liste des 21 noms prévue pour identifier les tempêtes et cyclones a toutes les chances de ne pas être assez longue.

Ces listes sont définies plusieurs années à l’avance par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et sont utilisées dès qu’un système parvient à atteindre le stade de tempête tropicale. Elles comportent 1 nom par lettre, à l’exception de celles pauvres en choix – Q, U, X, Y et Z -, ce qui amène à un total de 21 par année. En temps normal, le nombre de perturbations nommées est sensiblement inférieur à ce chiffre – la moyenne étant de 12 par an. Mais comment les choses se passent dans le cas où plus de 21 phénomènes surviennent ?

Tempêtes et cyclones : quand les noms viennent à manquer

La procédure est alors de recourir à l’alphabet grec, ce qui ne s’est pour l’heure produit qu’une seule fois dans l’histoire, en 2005. Cette année-là, un total de 27 perturbations cycloniques a été baptisé. La 22e fut nommée Alpha, la 23e Beta… et ce jusqu’à Zeta – sixième lettre de l’alphabet grec – pour une tempête tropicale formée fin décembre. Étant donné la lancée sur laquelle est partie 2020, il est désormais quasi-certain que l’alphabet grec sera à nouveau utilisé. Il reste à savoir si la nomination ira au-delà de Zeta. Le cas échéant, cela ferait office de record en termes de nombre de lettres grecques utilisées.

cyclones
Rapport entre le nombre de phénomènes tropicaux (tempêtes ou cyclones, axe du bas) et l’énergie cyclonique accumulée (axe de gauche) entre 1851 et 2019. 2020 est indiquée par une étoile verte. Crédits : Sam Lillo/ @Splillo.

De nombreux phénomènes de faible intensité

Pour l’heure, le nombre de cyclones tropicaux de forte intensité est proche des normes – voire un peu en dessous. Autrement dit, la capacité de l’atmosphère à développer des tourbillons ne s’est pas encore concrétisée en termes d’énergie effectivement mobilisée. La plupart restant au stade de tempête tropicale (12) ou cyclone de faible intensité (4). En témoigne le diagramme plus haut qui montre le rapport entre le nombre de phénomènes survenus et l’énergie cyclonique accumulée. 2020 se place en tête de peloton pour le premier paramètre, mais se trouve tout juste dans la normale 1979-2019 pour le second.

À voir désormais ce que nous réservera la suite de la saison. En gardant à l’esprit que le pic climatologique de fréquence des cyclones se situe autour du 10 septembre. Néanmoins, des phénomènes surviennent fréquemment jusqu’en dernière décade d’octobre. Très rarement, certains attendent même la fin de l’année pour se décider à apparaître, ainsi que nous l’avons vu plus haut.

saison des ouragans
Répartition d’ouragans (rouge), d’ouragans majeurs (rouge foncé) et de la totalité des systèmes tropicaux (beige) dans l’année. L’échantillon utilisé pour ce graphique comporte les années de 1906 à 2006. Les lignes en pointillés encadrent la période du 1er juin au 30 novembre. Crédits : Wossenu Abtew & al. 2008.

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