Un magazine américain a récemment donné la parole à une responsable travaillant pour un grand équipementier. Selon elle, la quantité de records qui sont tombés en athlétisme durant les Jeux olympiques de Tokyo n’est pas seulement le résultat de l’intense préparation des participants.

Quels records ont été battus ?

Chez les femmes, les épreuves du 100m et du 200m des Jeux olympiques de Tokyo ont vu la Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah conserver ses titres obtenus à Rio en 2016. Elle est devenue le 31 juillet 2021 la femme la plus rapide du monde sur 100m en 10.61 s puis sur 200m en 21.53 s. Évidemment, elle n’a pas été aussi rapide que l’Américaine Florence Griffith-Joyner qui avait réalisé 10.49 s sur 100m et 21.34 s sur 200m en 1988. Ces records ne sont toutefois pas comptabilisés en raison de forts soupçons de dopage. Sur le 400m haies, les records sont tombés chez les femmes et chez les hommes. L’Américaine Sydney McLaughlin a réalisé 51.56 s, battant son propre record de 51.90 s établi avant les jeux. Le norvégien Karsten Warholm a quant à lui effectué un chrono à 45.94 s, battant également son propre record de 46.70 s.

Mais pourquoi autant de records sont-ils tombés ? Dans un article publié le 6 août 2021, le magasine NewScientist a interrogé Laura Healey, responsable du pôle innovation de la marque allemande Puma. Outre l’immense préparation que suivent les athlètes, les records peuvent également tomber grâce aux technologies concernant les pointes, c’est-à-dire les chaussures qui équipent les participants.

sprint athlète chaussures

Crédits : semeyas / Pixabay

Les chaussures, mais aussi la piste !

Aujourd’hui, la technologie que l’on utilise pour conférer à ces chaussures la meilleure accroche possible ressemble beaucoup à celle déjà présente dans les chaussures des marathoniens. Une étude publiée en 2019 par l’Université du Colorado à Boulder (États-Unis) indiquait que la chaussure Nike Vaporfly utilisée depuis 2017 offre la possibilité aux coureurs de fond d’économiser 4 % d’énergie par rapport aux coureurs portant des chaussures classiques. Le secret ? La fibre de carbone, qui associe douceur et solidarité, permet ainsi d’accrocher efficacement la piste et de donner les meilleurs rebonds possible. Selon Laura Healey, l’apport de ces chaussures n’est pas évident à quantifier, mais il est bien réel.

Les concepteurs de chaussures ont pour but de limiter autant que possible la quantité d’énergie que la mousse des semelles absorbe. Durant les JO de Tokyo, les modèles de chaussures restituaient entre 80 et 90 % de cette énergie. Il y a toutefois un bémol. Puisque l’on réduit la quantité d’énergie perdue lors de la flexion des orteils, les chaussures nécessitent une plus grande résistance des athlètes au niveau des chevilles. Il n’est donc pas exclu que dans un avenir proche, les problèmes aux chevilles se multiplient.

Mis à part l’entraînement et les technologies qui équipent les chaussures, la piste jouerait aussi un rôle non négligeable. La société Mondo ayant conçu la piste du nouveau stade olympique national de Tokyo a effectué des recherches durant trois années. L’objectif était de trouver des solutions pour une meilleure absorption des chocs et une restitution d’énergie plus importante. Selon Mondo, la piste peut en théorie améliorer les résultats des athlètes de 2,9 % par rapport à une piste classique. Dans les faits, cette progression serait plus proche de 2 %, ce qui est déjà énorme.