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Les astronomes ont-ils réussi à photographier un trou noir ?

Crédits HOTAKA SHIOKAWA/CFA/HARVARD

Les astronomes ont-ils réussi à photographier un trou noir pour la toute première fois ? En utilisant un réseau de radiotélescopes répartis sur la planète pour former un télescope virtuel de quelque 10 000 kilomètres de diamètre, des chercheurs ont clôturé une campagne d’observation de cinq nuits consécutives. Reste maintenant à « décortiquer » les images.

Les trous noirs sont parmi les objets les plus fascinants de l’univers, mais en dépit du fait qu’ils se cachent au centre de la plupart des galaxies, personne n’a jamais été en mesure d’en voir et encore moins d’en photographier. Mais cela pourrait être sur le point de changer. Les trous noirs sont parmi les objets les plus fascinants de l’univers, mais en dépit du fait qu’ils se cachent au centre de la plupart des galaxies, personne n’a jamais été en mesure d’en voir et encore moins d’en photographier. Mais cela pourrait être sur le point de changer.

En associant les instruments de sept observatoires répartis sur les deux hémisphères, au Pôle Sud, aux États-Unis, au Chili et dans les Alpes françaises, le projet EHT crée un télescope virtuel d’environ 5 000 kilomètres de diamètre. En ce mois d’avril, plusieurs équipes d’astronomes ont sondé les confins de notre galaxie cinq nuits durant dans le but d’obtenir la toute première image du trou noir posté à 26 000 années-lumière de la Terre au centre de la Voie lactée. C’est en fait l’horizon du trou noir qui sera photographié dans le domaine submillimétrique. Mais pour être réalisée, cette photo nécessitera plusieurs mois de traitement.

En effet, observer un objet d’une taille estimée à 25 millions de kilomètres et quatre millions de fois plus massif que le Soleil pourrait paraître aisé tant les mensurations sont énormes. Mais si l’objet en question n’émet aucune lumière, la tâche devient alors beaucoup plus compliquée. Pour ce faire, les astronomes utiliseront l’interférométrie à très longue base (VLBI), une technique permettant de relier tous ces observatoires grâce à des horloges atomiques ultraprécises synchronisées. Plusieurs observatoires qui fonctionnent dans le millimétrique sont ainsi combinés pour former un gigantesque télescope virtuel de quelque 10 000 kilomètres de diamètre qui, on l’espère, aura permis aux chercheurs de photographier l’horizon du trou noir.

La dernière séance d’observation a pris fin le 11 avril 2017. Les disques durs devront maintenant être acheminés et décortiqués avant de pouvoir avoir la chance d’expérimenter cette première mondiale dans quelques mois. Mais alors, à quoi pourrait ressembler notre trou noir ? Probablement à un croissant de lumière brillante s’agitant autour d’une tache sombre. La lumière est émise par des particules de gaz et de poussière qui sont accélérées à des vitesses proches de celle de la lumière juste avant qu’elles ne soient déchirées et consommées par le trou noir.

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