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Les astronomes détectent un étrange objet incroyablement puissant

Crédits : ICRA

Dans la revue Nature, une équipe d’astronomes détaille la découverte d’un mystérieux objet scintillant crachant d’énormes quantités d’énergie vers la Terre trois fois par heure. Ce corps étrangement puissant situé à environ 4 000 années-lumière du Soleil ne ressemble à aucune autre structure connue.

Ni une supernova ni un pulsar

Les astronomes ont un nouveau mystère cosmique à élucider. À seulement 4 000 années-lumière de la Terre, un étrange objet émet de puissantes ondes basses fréquences pendant environ 30 à 60 secondes toutes les 18,18 minutes. L’objet en question, nommé GLEAM-X J162759.5-523504.3 (GLEAM en abrégé), est apparu lors d’un récent sondage radio de la Voie lactée.

De telles structures, qui apparaissent et disparaissent soudainement devant nos télescopes, sont dites « transitoires ». Ils se décomposent en deux variétés. Les « transitoires lents » peuvent apparaître en quelques jours avant de disparaître après plusieurs mois. Ces objets incluent les supernovas. Ensuite, il y a les « transitoires rapides » qui clignotent toutes les quelques millisecondes. Il s’agit le plus souvent de pulsars, des étoiles à neutrons de seulement dix à trente kilomètres de diamètre présentant d’énormes champs magnétiques qui accumulent de la matière et « pulsent » régulièrement de grandes quantités de rayons X et d’autres particules énergétiques.

Cependant, aucune de ces explications standard ne correspond au comportement de ce nouveau corps. D’après les données du radiotélescope Murchison Widefield Array (MWA), en Australie, australien, le « clignotement marche-arrêt » de cet objet est en effet trop rapide pour être une supernova, mais aussi trop lent pour être un pulsar.

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Illustration d’un pulsar vu en arrière-plan à travers le nuage de gaz enveloppant son compagnon. Crédits : Dr Mark A. Garlick, Institut Dunlap d’astronomie et d’astrophysique, Université de Toronto

Un nouveau type d’objet ?

Une analyse de l’objet a montré qu’il était incroyablement brillant, mais plus petit que le Soleil de la Terre. Les émissions radio de GLEAM étaient également hautement polarisées (c’est-à-dire que leurs ondes lumineuses ne vibrent que sur un seul plan), ce qui suggère qu’elles ont été générées par un champ magnétique extrêmement puissant.

« Personne ne s’attendait à en détecter directement un comme celui-ci parce que nous ne nous attendions pas à ce qu’ils soient si brillants« , souligne Natasha Hurley-Walker, radioastronome à l’Université Curtin de Bentley, en Australie. « D’une manière ou d’une autre, il convertit l’énergie magnétique en ondes radio beaucoup plus efficacement que tout ce que nous avons vu auparavant. »

Ces caractéristiques pourraient éventuellement correspondre à un type d’objet théorique connu sous le nom de « magnétar à période ultra longue ». Il s’agit d’une étoile à neutrons hautement magnétisée qui tourne incroyablement lentement. Cette classe d’objets n’a jamais été observée dans l’espace auparavant. Ainsi, il s’agit peut-être d’une première. Il est également possible que GLEAM représente un autre type d’objet jamais théorisé jusqu’à présent.

D’autres observations dans d’autres bandes du spectre électromagnétique sont nécessaires pour résoudre ce mystère stellaire. Maintenant que GLEAM a été détecté, les chercheurs fouillent également dans les observations d’archives du MWA pour voir si des objets similaires sont déjà apparus.