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Les astronomes découvrent une gigantesque bulle de gaz dans l’univers lointain

Crédits : iStock

Une équipe d’astronomes de l’Université de Californie, à Santa Cruz, annonce la découverte d’une quantité énorme et rougeoyante de gaz dans l’univers lointain à 10 milliards d’années-lumière. En revanche, personne ne sait d’où elle vient.

Une bulle Lyman-alpha (Lyman-alpha blob – LAB) est un énorme nuage d’hydrogène, une énorme concentration de gaz de la taille de plusieurs galaxies, c’est-à-dire d’une taille de plusieurs centaines de milliers d’années-lumière. Les LAB sont les objets connus les plus grands et lumineux dans l’Univers. Les bulles Lyman-alpha pourraient représenter un stade précoce de la formation des galaxies et de leurs trous noirs et détiennent des indices précieux sur la formation des galaxies du début de l’Univers. L’un d’eux vient d’être catalogué par une équipe d’astronomes de l’Université de Californie. Situé au centre d’un procluster de galaxies primordiales à 10 milliards d’années-lumière de la Terre, il est le plus grand du genre connu à ce jour (plus de 2 millions d’années-lumière de large). Et pourtant, il n’y a pas de source évidente de son pouvoir.

« Il est extrêmement lumineux, probablement plus grand que la “Slug nebula” qui s’étend sur deux années-lumière, mais il n’y a rien d’autre visible autour sauf le faible maculage d’une ancienne galaxie », détaille J. Xavier Prochaska, de l’Université de Californie à Santa Cruz. « C’est un phénomène terriblement énergique, mais sans source d’énergie évidente ». Ainsi le monstre cosmique laisse pour l’heure les scientifiques pantois.

Seule une poignée de ces gigantesques « bulles » de gaz ont été découvertes jusqu’à présent. Ces accumulations sont considérées comme faisant partie d’un réseau de filaments qui relient les galaxies voisines les unes aux autres dans la vaste toile cosmique de l’Univers. Ceux-ci semblent être alimentés par le rayonnement intense dégagé par les quasars ou les supernovae, mais aucun de ces événements ne pourrait être trouvé à proximité de ce dernier exemple. La découverte rappelle néanmoins celle du « Lyman-alpha blob 1 » faite en 2000 et située dans la constellation australe du Verseau à quelque 11,5 milliards d’années-lumière de la Terre. Actuellement, on ne connaît pas le mécanisme qui produit la raie d’émission Lyman-alpha. Les scientifiques suggèrent que des trous noirs supermassifs postés au centre des galaxies elles-mêmes situées dans la région centrale du blob pourraient avaler de la matière, ce qui aurait pour effet de chauffer le gaz environnant et donne à ces « bulles » cosmiques leurs couleurs si particulières.

Ce qui impressionne, c’est également cet énorme procluster dans lequel il réside. Les proclusters sont les précurseurs des amas de galaxies qui se composent de centaines de milliers de galaxies liées entre elles par la gravité. Mais parce que les protos s’étendent sur des distances beaucoup plus vastes, ils sont beaucoup plus difficiles à déceler que les amas de galaxies. Celui-ci s’étend sur environ 50 millions d’années-lumière. Et puisque cette vaste concentration de galaxies primordiales se trouve à 10 milliards d’années-lumière, les galaxies qu’elle contient sont probablement déjà bien matures aujourd’hui.

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