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Cet astéroïde si particulier qui peut détruire l’espèce humaine

Crédits : Don Davis / Wikipédia

En 2880, l’espèce humaine jouera sa survie comme on joue au Loto. L’astéroïde 1950DA aura une chance sur 300 de percuter la Terre, ce qui en fait l’objet géocroiseur ayant la plus forte probabilité de collision avec la planète bleue (sur l’échelle de Palerme). D’autant plus que la puissance de l’impact serait équivalente à 3,75 millions de fois la force de l’explosion nucléaire d’Hiroshima !

L’espèce humaine ne survivrait pas à un tel chaos… sauf si elle y est bien préparée. Certains archéologues pensent que les dinosaures se sont éteints suite à une explosion de ce type ; un astéroïde aurait percuté la terre et un nuage de poussière gigantesque se serait répandu dans l’atmosphère, annihilant certaines espèces animales incapables de survivre dans ces conditions, dont les dinosaures.

Malgré ce risque de fin du monde, ou tout du mois d’extinction de l’espèce humaine, ce n’est pas ce qui a rendu cet astéroïde si populaire. En réalité, des chercheurs de l’université du Tennessee ont découvert que ce n’était pas un astéroïde comme les autres, il s’agit plutôt d’un amoncellement de différentes roches spatiales (ou « rubble pile » pour « agglomérat de débris »). C’est-à-dire que 1950DA est un ensemble de rocs maintenus en un seul bloc par sa seule force gravitationnelle. Toutefois, l’objet tourne à une vitesse beaucoup trop grande et la gravité aurait déjà dû le désintégrer. Au contraire, la force centrifuge semble être moins forte que la gravité, ce qui n’avait jamais été constaté auparavant, mais qui explique pourquoi l’astéroïde survit et progresse en direction de la Terre.

Image radar de 1950 DA prise le 3 mars 2001 à Arecibo, à une distance de 0,052 ua.
Image radar de 1950 DA prise le 3 mars 2001 à Arecibo, à une distance de 0,052 ua. S. Ostro (Nasa/JPL)

“Si la gravité seule maintenait cette pile de débris ensemble, comme c’est généralement admis, il devrait partir en morceaux. En conséquence, des forces de cohésion entre ses particules doivent le maintenir ensemble” explique Ben Rozitis dans un article sur le site de l’université de Tennessee, cette force agit au niveau atomique et moléculaire, on l’appelle l’interaction de Van der Waals. Celle-ci n’était qu’une théorie avant la découverte de l’existence de cet astéroïde et c’est là une occasion de mieux la comprendre. D’autant plus que c’est nécessaire si l’on veut envisager une riposte pour éviter l’impact.

Les solutions « classiques » contre les astéroïdes apparaissent ici comme inefficaces, voire dangereuses. Imaginons que nous bombardions l’astéroïde avant qu’il n’atteigne la Terre, le risque serait que la force qui maintient les débris en un seul bloc soit déstabilisée et que les rocs se séparent pour frapper notre planète séparément. Ben Rozitis explique donc qu’il vaut mieux éviter « d’interagir avec l’astéroïde directement », il vaudrait mieux utiliser un engin spatial de très forte masse qui se place non loin de 1950DA et utilise sa propre force gravitationnelle pour attirer l’astéroïde dans sa direction et le faire dévier de sa trajectoire. Si cette solution s’avère envisageable, espérons que dans 800 ans les Hommes s’en souviendront et mettront tout en œuvre pour permettre à notre espèce de perdurer.

Sources : The University of Tennessee, Nature, Space

– Illustration : Image artistique par Don Davis