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Alunissage en 2024 : la NASA pourrait se rabattre sur un plan B

L'équipage d'une mission Artemis à la surface de la Lune près du pôle sud (vue d'artiste). Crédits : NASA

Il est pour le moment établi que la NASA se pose près du pôle sud de la Lune dans le cadre de la mission Artemis III, prévu en 2024. Mais ce calendrier serré, imposé par l’administration Trump, pourrait bien amener l’agence à revoir ses plans.

En décembre 2017, le président Donald Trump signait une directive visant à donner la priorité aux efforts de l’administration pour faire progresser l’exploration spatiale, principalement en renvoyant des astronautes américains sur la Lune. De cet élan est né le programme Artemis, dont le principal objectif est d’envoyer la première femme et le prochain homme sur le sol lunaire dès 2024.

Si depuis, d’importants progrès ont été réalisés pour servir cet objectif, celui-ci n’en reste pas moins très ambitieux, avec notamment un calendrier très serré. Se pose alors inévitablement la question du site d’alunissage.

Le pôle sud, une région attrayante

Pour l’heure, il est question que les États-Unis alunissent au pôle sud en raison de sa «grande valeur scientifique, économique et stratégique». En effet, des sondes ont déjà détecté la présence de glace dans les cratères ombragés de cette région lunaire.

Dans le cadre d’une exploration durable, cette matière pourrait alors être utilisée pour optimiser les séjours de longue durée : fourniture d’oxygène et d’eau consommable. Il pourrait également être possible de s’appuyer sur cette glace (et son hydrogène) pour fabriquer du carburant. Aussi, le pôle sud lunaire se présente comme le terrain idéal pour tester les technologies qui nous emmèneront encore plus loin, notamment sur Mars.

Néanmoins, se rendre dans les régions polaires de la Lune est plus difficile que de se poser près de l’équateur, comme l’on fait plusieurs missions Apollo entre 1969 et 1972. Compte tenu de ce calendrier serré, la NASA pourrait-elle donc être amenée à revoir ses plans ? Possible.

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Le pôle sud lunaire photographié lors du projet Clementine. Crédits : NASA

Plan B

Le 14 septembre dernier, dans le cadre d’une réunion numérique organisée par un groupe consultatif de la NASA, Jim Bridenstine, le patron de l’agence, a en effet suggéré l’idée d’un plan B. «Si le pôle sud était finalement hors de notre portée pour Artemis III, ce que je ne dis pas, alors un site Apollo pourrait être une alternative», a-t-il souligné.

S’exprimant deux jours plus tard lors d’une table ronde sur les affaires spatiales à Washington, Kathy Lueders, la nouvelle cheffe de file des programmes de vols spatiaux humains de la NASA, n’a pas non plus rejeté l’idée, soulignant que le site d’alunissage du pôle sud n’était “plus gravé dans le marbre”.

Rappelons également que, en mai dernier, Lueders avait déjà convenu que l’échéance 2024 serait effectivement difficile à atteindre. «Je n’ai pas de boule de cristal», avait-elle déclaré. «Mais nous allons essayer. (…) Je pense qu’il est très important d’avoir un objectif agressif», a-t-elle poursuivi. «Cela permet à l’équipe de se concentrer sur l’importance de la mission».

En attendant, la NASA va devoir franchir une première étape importante, à savoir le lancement d’Artemis 1, prévu initialement cette année mais déjà reporté à 2021. Pour ce vol, le lanceur lourd SLS propulsera la capsule Orion pour une mission non habitée autour de la Lune. La mission Artemis 2, qui prévoit cette fois l’envoi d’un équipage autour de la Lune, sera normalement lancée en 2023.