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Artemis 1 transportera une voile solaire chargée de rattraper un astéroïde

Crédits : NASA/JPL-Caltech

La première mission du programme Artemis se contentera de faire le tout de la Lune avant de revenir sur Terre, mais certaines de ses charges utiles secondaires iront bien au-delà. L’une d’elles, un CubeSat américain, utilisera une voile solaire et l’assistance gravitationnelle lunaire pour rattraper l’astéroïde 2020 GE en 2023.

L’objectif principal de la mission Artemis 1 sera de tester les performances en vol de la nouvelle fusée Space Launch System (SLS) de la NASA et de sa capsule Orion. Cependant, dix cubesats (des petits satellites) feront également du stop à bord du véhicule en tant que charges secondaires.

L’un d’eux, la mission Near-Earth Asteroid (NEA) Scout, est le fruit d’un projet conjoint entre le Marshall Space Flight Center (MSFC) de la NASA à Huntsville, en Alabama, et le Jet Propulsion Laboratory (JPL), en Californie. La satellite utilisera une voile solaire de 86 mètres carrés pour voler vers un astéroïde.

« La genèse de ce projet était une question : pouvons-nous vraiment utiliser un minuscule vaisseau spatial pour effectuer des missions dans l’espace lointain et produire une science utile à faible coût ?« , explique Les Johnson, l’un des principaux acteurs de ce projet. « C’est un énorme défi. Pour les missions de caractérisation d’astéroïdes, il n’y a tout simplement pas assez de place sur un cubesat pour les grands systèmes de propulsion et le carburant dont ils ont besoin.« 

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La voile solaire emballée pour le lancement. Crédits : NASA
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La voile solaire entièrement déployée. Crédits : NASA

Quels objectifs ?

NEA Scout visera l’astéroïde 2020 GE, une petite roche d’environ dix-huit mètres de diamètre. Pour atteindre sa cible, le cubsat passera près de la Lune dans le but de profiter d’une assistance gravitationnelle. Sa grande voile solaire utilisera ensuite la force des particules lumineuses du Soleil (photons) comme propulseur au lieu d’un combustible liquide ou solide. Notez que la mission transportera quand même de petits propulseurs pour alimenter certaines manœuvres.

Une fois près de l’astéroïde en 2023, le vaisseau spatial utilisera ses caméras embarquées pour étudier sa forme, sa rotation, son champ de débris et les caractéristiques de sa surface.

« NEA Scout accomplira probablement le survol d’un astéroïde le plus lent de tous les temps à une vitesse relative inférieure à trente mètres par seconde« , note Julie Castillo-Rogez, du JPL. « Cela nous donnera quelques heures pour rassembler des données scientifiques inestimables et nous permettra de voir de près à quoi ressemblent les astéroïdes de cette classe. »

Cette mission marquera également la première fois que des scientifiques étudient en détail un membre de la plus petite classe d’astéroïdes (cent mètres ou moins de diamètre), ce qui « aidera à combler les lacunes dans les connaissances sur les astéroïdes géocroiseurs« , précise la NASA.

Ces données pourraient éclairer les chercheurs sur deux points principaux. D’une part, en tant que reliques, les astéroïdes peuvent nous en apprendre davantage sur l’histoire de notre Système solaire. D’autre part, la menace des astéroïdes pour la planète est toujours aussi réelle. Ainsi, plus nous en saurons sur ces objets, plus nous serons à même de nous défendre en cas d’impact potentiel.