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Artemis 1 : Helga et Zohar s’envolent bientôt pour la Lune

Crédits : NASA/Lockheed Martin/DLR

Développés pour imiter le corps d’une femme adulte, les mannequins Helga et Zohar se préparent à faire deux fois le tour de la Lune dans le cadre de la mission Artemis 1. Les données collectées par leurs capteurs intégrés permettront aux ingénieurs de la NASA de minimiser les effets nocifs du rayonnement spatial sur les femmes astronautes dans le cadre des futures missions habitées. 

Le programme Artemis de la NASA prévoit d’établir une présence humaine durable sur la Lune au cours de la décennie. La première étape de ce programme, Artemis 1, sera une mission non habitée autour de la Lune. Si tout se passe comme prévu, son lancement doit normalement avoir lieu cette année depuis la Floride.

Dans le cadre de cette mission, une capsule Orion (censée transporter plus tard les astronautes vers la Lune) sera coiffée au-dessus de la fusée Space Launch System (SLS) de la NASA. Au cours de son voyage, qui doit durer environ 26 jours, le vaisseau effectuera un aller-retour Terre-Lune en suivant une trajectoire similaire à celle de la mission Apollo 8.

Les principaux objectifs d’Artemis 1 seront de valider le fonctionnement du nouveau lanceur lourd de la NASA, ainsi que celui de la capsule Orion. L’espace disponible dans la cabine sera également occupé par l’expérience MARE (MATROSHKA AstroRad Radiation Experiment) qui vise à mesurer le niveau d’exposition aux rayonnements d’un équipage féminin à l’extérieur des régions protégées par la magnétosphère terrestre.

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Vision d’artiste du vaisseau Orion Artemis I et de son module de service conçu par l’ESA. Crédits : NASA

Deux mannequins féminins à bord

Des capteurs seront installés sur deux mannequins nommés Helga et Zohar. Dans le détail, ils sont fabriqués à partir de matériaux imitant les os, les tissus mous et les organes d’une femme adulte. Ils seront équipés de plus de 10 000 capteurs passifs et de 34 détecteurs de rayonnement actifs. L’un des mannequins, Helga, s’envolera vers la Lune sans protection tandis que l’autre, Zohar, portera un gilet de radioprotection spécial appelé AstroRad. Notez que ces dames seront également rejointes par un troisième mannequin qui collectera des données sur les accélérations de vol et les vibrations.

Ces données collectées auront évidemment du sens dans la mesure où le programme Artemis vise à faire atterrir la toute première femme sur la surface lunaire. Or, les femmes semblent être plus à risque de souffrir des effets nocifs des rayonnements spatiaux. Des études sur l’exposition aux rayonnements indiquent en effet un risque plus élevé de développer un cancer. D’autres recherches ont également montré que les rayonnements spatiaux étaient susceptibles d’affecter la santé reproductive des femmes.

Les niveaux de limites féminines sont donc différents de ceux des hommes, d’où la nécessité de collecter ces données. Leurs analyses permettront aux ingénieurs de la NASA de développer des moyens de minimiser ces effets lors des futures missions habitées.