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Une étude repousse de nouveau l’arrivée des humains en Amérique

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Crédits: Beth/Zaiken/Centre for Palaeogenetics

On a longtemps pensé que les premiers humains avaient atteint l’Amérique du Nord à la fin de la dernière période glaciaire. Il y a quelques mois, la découverte d’anciennes empreintes humaines conservées au Nouveau-Mexique laissait à penser que nos ancêtres étaient arrivés sur place il y a un peu plus de 20 000 ans. En réalité, le premier établissement humain en Amérique du Nord serait encore plus ancien.

L’étalonnage des dispersions de la population humaine à la surface de la Terre est essentiel pour évaluer les taux et le calendrier des impacts anthropiques sur l’environnement. Côté nord-américain, la reconnaissance des premiers sites d’occupation humaine dans les Amériques reposait traditionnellement sur la découverte in situ d’outils en pierre minutieusement travaillés il y a entre 13 000 et 16 000 ans.

Les origines de cette technologie remontent à la révolution du Paléolithique supérieur opérée il y a plus de 45 000 ans en Europe occidentale. Des outils en pierre élaborés et stylisés se sont ensuite propagés en Asie centrale, puis vers la Sibérie avant d’intégrer les Amériques par le détroit de Béring.

Il a donc longtemps été admis que les humains ne s’étaient répandus en Amérique du Nord qu’à la fin de la dernière période glaciaire. Cependant, de plus en plus de preuves suggèrent une présence humaine antérieure à cette période. En septembre 2021, la découverte d’empreintes visiblement humaines avait en effet laissé entendre que les premiers humains avaient atteint l’Amérique il y a entre 25 000 et 30 000 ans, soit environ 15 000 ans plus tôt que les estimations précédentes.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université du Texas (Austin) repousse encore ce premier établissement humain outre-Atlantique. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans Frontiers in Ecology and Evolution.

Deux mammouths abattus il y a 37 000 ans

Cette nouvelle étude se base sur la découverte de plusieurs ossements de mammouths (une mère et son petit) au Nouveau-Mexique (États-Unis) en 2013. L’analyse récente de ces restes et du site sur lesquels ils ont été trouvés laisse à penser que ces ossements ont été travaillés.

Des tomodensitogrammes effectués par l’installation de tomodensitométrie à rayons X à haute résolution de l’Université du Texas ont en effet révélé des flocons d’os avec des réseaux de fractures microscopiques semblables à ceux des os de vache fraîchement taillés.

Les chercheurs ont également relevé des plaies perforantes placées de manière à pouvoir drainer la graisse des ossements. Celle-ci aurait ensuite été fondue au-dessus d’un feu soutenu et contrôlé. Le matériel contenait également des os pulvérisés et les restes brûlés de petits animaux – principalement des poissons, mais aussi des oiseaux, des rongeurs et des lézards.

mammouths humains amérique du nord
Le site d’excavation contient principalement des côtes et des restes de la colonne vertébrale des mammouths. Le fossile le plus important est une partie du crâne du mammouth adulte. Crédits : Timothy Rowe / Université du Texas
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Marques de boucherie sur les côtes de mammouth. La nervure supérieure montre une fracture due à un impact contondant. La côte médiane montre une plaie perforante, probablement faite par un outil. La nervure inférieure présente des marques de hachage. Crédits : Timothy Rowe et coll. / Université du Texas

L’analyse de datation au carbone sur le collagène extrait des os de mammouth suggère que ces animaux ont été tués il y a entre 36 250 à 38 900 ans. Si la découverte se confirme, il s’agirait alors de la plus ancienne preuve de présence humaine en Amérique du Nord.