Ariane 6 franchit une étape majeure avant son décollage

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Le premier modèle de vol d'Ariane 6 sur le pad pour une répétition générale humide le 20 juin, dernière étape avant son lancement le 9 juillet. Crédits : ESA/L. Bourgeon

L’Europe vient de franchir une nouvelle étape significative dans la conquête spatiale en vue du lancement inaugural de sa fusée Ariane 6, prévu pour juillet. Cette avancée marque un moment crucial pour l’Agence spatiale européenne (ESA) et ses partenaires qui ont travaillé sans relâche pour surmonter divers défis et repousser les limites de la technologie spatiale. 

La répétition générale

Le 21 juin, l’ESA a annoncé avoir mené à bien une répétition générale humide sur le site de lancement en Guyane française. Ce test implique le ravitaillement complet de la fusée en oxygène liquide et en hydrogène liquide, suivi d’un compte à rebours simulé qui s’est arrêté juste avant l’allumage du moteur. Ce test, qui constitue la toute dernière étape avant le lancement, aura alors permis aux équipes de maîtriser l’ensemble des opérations jusqu’au décollage en utilisant pour la première fois le matériel et les logiciels de vol réels de la fusée.

Notez que ce test était initialement prévu pour le 18 juin. Il a donc été retardé de deux jours. Cependant, les responsables de l’ESA ont confirmé que cela ne compromettrait pas le lancement prévu pour le 9 juillet.

Les derniers préparatifs incluent maintenant l’installation des charges utiles et du carénage. Installer les charges utiles implique notamment de les fixer solidement sur l’étage supérieur de la fusée. Cela nécessite une manipulation précise et délicate pour s’assurer que les instruments ne soient pas endommagés et soient correctement alignés pour leur déploiement en orbite. Pour rappel, le carénage est la partie avant de la fusée qui protège les charges utiles contre les forces aérodynamiques et les conditions environnementales sévères (comme la friction et la chaleur) lors du lancement.

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Vue d’artiste de la fusée Ariane 6 dans l’espace. Crédits : ESA

Vers la fin de la crise des lanceurs en Europe

Ariane 6 est essentielle pour résoudre la « crise des lanceurs » qui a temporairement privé l’Europe d’un accès indépendant à l’espace. Plusieurs facteurs ont contribué à cette crise, notamment les retards de développement d’Ariane 6, les problèmes de la fusée Vega C, et la perte de l’accès aux fusées Soyouz suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La situation était telle que l’Agence spatiale européenne avait même dû se tourner vers SpaceX, son principal concurrent, pour plusieurs lancements au cours des deux dernières années. Avec la fusée Ariane 6 bientôt opérationnelle, l’Europe devrait donc retrouver son indépendance.

Le lanceur est conçu pour être polyvalent, capable de lancer une variété de charges utiles allant des satellites de télécommunications et d’observation de la Terre à des missions scientifiques et d’exploration. Il peut par ailleurs être configuré en deux versions principales : Ariane 62, avec deux propulseurs d’appoint, et Ariane 64, avec quatre propulseurs d’appoint, ce qui lui permet ainsi de s’adapter à différents types de missions et de charges.

La fusée soutiendra les nombreuses initiatives et programmes spatiaux européens, tels que Galileo (le système de navigation par satellite), Copernicus (le programme d’observation de la Terre), et d’autres missions scientifiques et de défense. Elle assurera également le déploiement et le remplacement réguliers des satellites européens.

En outre, Ariane 6 est conçue avec une architecture modulaire, ce qui permettra des évolutions futures pour intégrer de nouvelles technologies et répondre à des besoins émergents. Cela inclut des améliorations potentielles pour des missions encore plus complexes et des capacités de réutilisation partielle, à l’instar de ce que font des entreprises comme SpaceX avec leurs lanceurs.