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Arctique : les plantes et animaux victimes de la neige

Crédits : Lars Holst Hansen

L’année dernière, les quantités exceptionnelles de neige tombées en Arctique ont empêché la reproduction de nombreuses espèces animales et végétales. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue PlosBiology.

Nous savons que le cercle arctique, et en particulier le Groenland, est en première ligne face aux changements climatiques. Une étude publiée en avril dernier nous révélait en effet que la glace de l’île fondait aujourd’hui six fois plus rapidement qu’il y a 30 ans. La région connaît donc un réchauffement accéléré, ce qui implique une couche de glace en retrait. Mais dans le même temps, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents.

L’année dernière par exemple, le cercle arctique a enregistré de très importantes chutes de neige. Ce qui veut dire que celle-ci a eu du mal à fondre. Et ça n’a pas été sans conséquences.

Une année de non-reproduction

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Aarhus, au Danemark, a en effet documenté les répercussions de cet événement météorologique extrême à Zackenberg, dans le nord-est du Groenland.

Il est ressorti que les conditions météo de 2018 ont empêché un très grand nombre d’espèces animales et végétales de se reproduire. Seuls quelques plantes et animaux ont visiblement été capables de le faire. « Bien qu’une mauvaise reproduction ait déjà été observée auparavant chez des espèces individuelles, une si mauvaise année à tous les niveaux de l’écosystème n’avait jamais été observée », notent les chercheurs.

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Animaux et végétaux ont énormément souffert de la fonte tardive de la neige l’année dernière au Groenland. Crédits : Pixabay

Une année de non-reproduction n’est pas dramatique. À condition qu’elle ne soit que ponctuelle. Mais ce que craignent les chercheurs, c’est que ces événements deviennent de plus en plus récurrents, poussant toujours plus les espèces de la région dans leurs retranchements.

« Notre recherche montre que le changement climatique ne se limite pas au réchauffement et que les écosystèmes peuvent être durement touchés par des événements encore rares mais extrêmes », explique Martin Schmidt, auteur principal de l’étude.

Ces événements exacerbés par le réchauffement climatique ont également fait des victimes en Norvège, il y a quelques mois. Mais cette fois, il était question de précipitations extrêmes. En décembre dernier, toute cette eau ruisselant en surface s’était ensuite mise à geler, piégeant le lichen en dessous. Cette plante étant la principale source de nourriture des rennes, plusieurs centaines d’entre eux avaient alors péri à cause de la famine.

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