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Arctique : d’inquiétantes fuites de “produits chimiques éternels”

Crédits : sodar99 / iStock

Aujourd’hui, l’Arctique se trouve au cœur d’un cercle vicieux. En effet, des polluants très persistants dans l’environnement font l’objet d’une concentration dans cette zone. Ceux-ci sont ensuite relâchés de manière abondante en raison du réchauffement climatique.

Non biodégradables et persistants

Tout comme l’Antarctique, l’Arctique revient souvent à la une. Il y a quelques semaines, nous évoquions des orages très inhabituels ayant fait leur apparition au-dessus de la banquise. Ce phénomène rare dans le bassin arctique a généré au total plus de 1200 décharges de foudre sur son trajet. Le 3 juillet 2021, l’Université de Lancaster (Royaume-Uni) a publié une étude dans la revue Environmental Science & Technology à propos d’un tout autre problème.

Selon les chercheurs, les polluants chimiques et les débris plastiques présents dans l’océan Arctique peuvent se retrouver dans la banquise. L’étude a porté son attention sur certains types de polluants, à savoir les Substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Portant le surnom de “produits chimiques éternels”, il s’agit de polluants organiques persistants.

Il s’avère que les molécules entrant dans la constitution des PFAS forment une liaison carbone faisant partie des plus solides au sein de la chimie organique. Autrement dit ils ne sont pas biodégradables, mais ils ont surtout ont une durée de vie très longue lorsqu’ils se trouvent dans l’environnement.

PFAS substances
Crédits : City of Riverside

Un véritable cercle vicieux

Les PFAS servent généralement à imperméabiliser ou ignifuger des objets ou aliments du quotidien. Ils sont donc présents dans l’agroalimentaire, mais aussi d’autres industries. Or, l’exposition à ces substances est nocive pour les êtres vivants. Malheureusement, celles-ci fuient abondamment dans l’environnement, notamment par les eaux. Elles se retrouvent aussi dans l’atmosphère où elles s’éparpillent avant de retomber à la surface. L’Arctique voit s’accumuler des PFAS dans les eaux, mais également via les précipitations, ces dernières faisant retomber les polluants depuis l’atmosphère.

Par ailleurs, l’étude montre que l’augmentation de la concentration en PFAS est proportionnelle à l’accroissement de la salinité de l’eau. Or, le réchauffement climatique a un impact sur les cycles de gel/dégel de la banquise, créant des poches d’eau très salée. Il est question d’une neige jeune de plus en plus présente et plus instable, contenant malheureusement davantage de saumure de sel. Ces zones sont donc très concentrées en sel et en polluants qui lors de la fonte, se retrouvent dans les océans.

Habituellement, la saumure contenant des nutriments contribue à nourrir certaines espèces marines à la base de la chaîne alimentaire locale. Néanmoins, la haute teneur en PFAS fait que les organismes consomment aussi ces substances. Or, ces organismes sont consommés par d’autres espèces, etc. Selon les chercheurs, dans la mesure où l’impact environnemental des PFAS est de mieux en mieux identifié, les autorités devraient se pencher sur la mise en place d’une régulation plus stricte.