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Comment cryogénise-t-on un corps humain ?

Crédits : Cryonics Institute

La cryogénisation (ou cryonie) consiste à conserver un corps humain entier ou partiel à très basse température. Cette technique donne l’espoir d’une résurrection ultérieure. Cependant, cette méthode a ses limites dans l’état des connaissances actuelles.

Il y a quelques semaines, nous avions évoqué l’histoire de la première femme cryogénisée en Chine, c’est-à-dire placée dans un état de conservation dans de l’azote liquide porté à une température extrêmement basse, à savoir −196 °C. Cet été, une start-up russe baptisée Kriorus a également déclaré vouloir envoyer des corps cryogénisés en orbite dans l’espace jusqu’au moment où ces derniers pourraient être décongelés et ramenés à la vie.

Il s’avère que ce procédé n’est pas tout neuf puisque la première personne à avoir été cryogénisée est James Bedford, un psychologue canadien, mort en 1967 à l’âge de 73 ans. Jusqu’à aujourd’hui, près de 300 personnes ont désiré entrer dans cet état de conservation après leur mort dans l’espoir de ressusciter un jour. Si cette pratique est illégale en France, il est possible de le faire aux États-Unis contre une somme importante.

Après la mort, le corps du patient est rapidement transporté jusqu’à un centre de cryogénisation afin de limiter un maximum la dégradation de l’organisme (idéalement dans les six heures suivant la mort clinique). La ventilation des poumons ainsi que la circulation sanguine sont préservées afin que le cerveau reste en quelque sorte en vie avant que le corps entier soit refroidi progressivement à une température de 10 °C. Ensuite, une solution est injectée dans le sang, ce qui a pour effet d’empêcher sa coagulation.

Une fois dans le centre de cryogénisation, le corps est allongé sur un lit de glace puis les médecins ouvrent la cage thoracique et posent des canules, sortes de tubes en plastique dans l’aorte, la plus grosse artère de l’organisme alimentant le cœur. Le sang est alors remplacé par de l’antigel, une substance utilisée depuis une dizaine d’années afin de mieux conserver les structures biologiques sans trop les dégrader.

Ensuite, le corps est placé dans un bain de glace et de silicone porté à -79 °C durant 36 heures, puis dans un autre bain cette fois contenant de l’azote liquide durant sept à dix jours afin d’atteindre progressivement la température de -196 °C. À cette température, il n’y a pas d’agitation moléculaire et les cellules devraient en théorie ne pas vieillir. L’étape finale consiste à plonger le corps (la tête en bas) dans un conteneur en acier de trois mètres de haut qui est lui-même rempli d’azote à -196 °C.

Si cette technique de conservation est efficace pour plusieurs siècles, le procédé est en revanche irréversible, c’est-à-dire que les humains congelés de la sorte ne peuvent pour l’instant pas être réanimés et personne ne sait si cela sera réellement possible un jour. L’état actuel des connaissances scientifiques indique seulement que la principale difficulté concerne la « remise en route » des organes vitaux, le cerveau étant le plus sensible.

Sources : Sciences et AvenirUlyces