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Après avoir couru un marathon, nos fonctions rénales sont dans le même état qu’après une opération de chirurgie cardiaque

Crédits : Capture vidéo Youtube

L’effort intense demandé pour terminer un marathon aurait des conséquences traumatisantes pour les fonctions rénales si l’on en croit une étude menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Yale, aux États-Unis.

S’il est évident que la pratique d’une activité physique est étroitement liée à une meilleure santé et que les marathoniens sont considérés comme des personnes très saines, les 42 kilomètres courus lors d’un marathon pèsent lourd sur le corps humain. En effet, en plus de l’usure sur les muscles, les os ou encore le cœur, le marathon serait également traumatisant pour les reins.

Des chercheurs de l’École de médecine de Yale ont constaté qu’on ne peut pas faire la différence entre la fonction rénale de 80 % des coureurs étudiés qui ont terminé leur marathon et celle « d’une personne qui sort d’une opération de chirurgie cardiaque ou d’une personne hospitalisée en soins intensifs », déclare Chirag Parikh, néphrologue à l’Université de Yale et principal auteur de l’étude publiée le mardi 28 mars 2017 dans l’American Journal of Kidney Diseases.

L’étude n’a concerné qu’un petit échantillon, à savoir 22 personnes. Cela s’explique par le fait que l’équipe du Dr Parikh cherchait des coureurs habitués à courir des distances de plus de 20 kilomètres depuis au moins cinq ans qui n’avaient pas couru de marathon au cours des quatre semaines précédentes et qui prévoyaient d’en courir au moins un dans un avenir proche.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang et d’urine de ces coureurs, neuf hommes et treize femmes, la veille de la course, trente minutes après la course et le lendemain de la course. Ils ont ainsi découvert que les coureurs présentaient des taux de créatine et de protéines inflammatoires à des niveaux similaires à ceux des patients atteints de lésions rénales aiguës.

Cela s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, la déshydratation met une énorme pression sur les reins. Le fait de courir élève la température du corps, ce qui peut causer des dommages aux muscles et causer des inflammations. Cela génère plus de protéines dans le sang qui doivent être évacuées, provoquant un surmenage des reins. Seulement dans l’effort, pour éviter la « surchauffe » et permettre à nos jambes de continuer l’effort, l’organisme envoie le sang refroidir à la surface de la peau et des muscles, le détournant des reins. « Plus de travail, moins de débit de sang et un approvisionnement en eau appauvri pendant des heures sont la garantie d’avoir des reins endommagés », explique l’auteur principal de l’étude.

À court terme, cela n’a pas vraiment d’incidence puisqu’après deux jours de repos, les chimies du corps des coureurs sont de retour à la normale. Même les athlètes professionnels qui doivent renoncer à ces périodes de repos et accumulent de grandes distances tous les jours comme les coureurs cyclistes parviennent à bien récupérer.

Toutefois, les chercheurs s’interrogent sur les conséquences à long terme de l’accumulation de ces traumatismes. Ils s’interrogent également sur les personnes qui exercent une profession physique dans les zones tropicales et qui peuvent être exposées à la chaleur pendant dix à douze heures par jour. En effet, chez ces travailleurs, il est souvent constaté un stress physique semblable à celui des coureurs de marathon ainsi que des taux plus élevés de maladies rénales chroniques.