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Après les babouins, des greffes de cœurs de porc sur les humains ?

Crédits : Skeeze / Pixabay

Une avancée significative a été faite dans le domaine de la greffe inter-espèces, avec des greffes de cœurs de porc chez des babouins, primate proche de l’homme. Avant de procéder à la même chose chez les humains

« C’est très important, car cela nous rapproche un peu plus de l’utilisation de ces organes chez l’Homme » déclare Muhammad Mohiuddin du National Heart, Lung and Blood Institute (États-Unis), qui a participé à l’étude récemment parue dans la revue Nature Communications. En effet, des greffes de cœurs de porc ont été réussies sur des babouins, avec des greffons qui ont survécu durant 2 ans et demi, soit une durée record dans le domaine.

Pour parvenir à une telle prouesse, les chercheurs ont opté pour une combinaison de modifications génétiques (pour optimiser la tolérance immunitaire du receveur) couplée à l’utilisation de médicaments immunosuppresseurs ciblés. « Les xénogreffes — transplantations d’organes entre différentes espèces — pourraient sauver des milliers de vies perdues chaque année en raison d’une pénurie d’organes humains destinés à la transplantation », poursuit Muhammad Mohiuddin.

Ainsi, ce sont cinq babouins qui ont reçu un cœur de porc pour cette étude, et tous les organes greffés sont restés en vie aussi longtemps que le traitement immunosuppresseur a été administré aux receveurs, soit 945 jours, un record. Il est à noter que les cœurs greffés ne remplaçaient pas ceux des babouins, mais venaient les compléter ; connectés au système circulatoire par deux gros vaisseaux sanguins dans l’abdomen, ils battaient pendant que le cœur « d’origine » tenait sa fonction de pompage du sang.

Bientôt les Hommes

Des greffes d’organes de primates ont déjà été tentées sur des Hommes, mais les survies n’ont jamais dépassé les quelques mois. Si les primates étaient jusqu’alors considérés comme les meilleurs donneurs pour les hommes, de par leur proximité génétique, les dangers d’extinction et de transmission de maladies représentent un frein à cela. Ainsi, ce sont les porcs qui sont devenus les meilleurs donneurs potentiels, leur cœur étant anatomiquement similaire à celui de l’homme. Des étapes restent à franchir en ce sens, mais cette prouesse réalisée sur les babouins représente une réelle avancée, pour une future solution à la pénurie d’organes.

Source : nature

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Rédigé par David Louvet-Rossi