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Réchauffement climatique : « Nous avons passé le point de non-retour » indique une nouvelle étude

Crédits : Wikimedia Commons

Une vaste étude menée à travers le monde sur les 25 dernières années au sujet de la capacité du sol à stocker le dioxyde de carbone vient tirer la sonnette d’alarme sur le réchauffement climatique. Le « point de non-retour » aurait été franchi.

L’heure n’est pas à l’optimisme pour les spécialistes concernant le réchauffement climatique. Pour Thomas Crowther de l’Université de Yale, aux États-Unis, « il est approprié de dire que nous avons passé le point de non-retour en matière de réchauffement climatique ». Auteur principal d’une vaste étude à paraître dans la revue Nature, l’homme affirme que « nous ne pouvons en inverser les effets, mais nous pouvons certainement les atténuer. Le changement climatique pourrait s’avérer considérablement plus rapide que nous le croyions », comme il le déclare au quotidien The Independant.

L’étude s’est basée sur une cinquantaine d’expériences menées au cours des 25 dernières années sur l’ensemble du globe concernant la capacité du sol à stocker le dioxyde de carbone en fonction du réchauffement climatique. Il a été conclu que la planète est entrée dans une sorte de « cercle vicieux » puisque l’équivalent de 55 milliards de tonnes de dioxyde de carbone non pris en compte jusqu’ici va être émis par le sol d’ici 2050, et ce, à cause d’un réchauffement de 2 °C.

« Le stockage du dioxyde de carbone est plus important à des endroits comme le continent arctique et subarctique où le sol est froid et souvent gelé. Dans ces conditions, les microbes sont moins actifs, ce qui a permis au dioxyde de carbone de s’accumuler au fil des siècles. Mais à mesure que le réchauffement se produit, l’activité de ces microbes augmente et c’est là que les pertes commencent à se produire. Ce qui est effrayant, c’est que ces régions froides sont celles qui sont supposées se réchauffer le plus en raison du changement climatique », détaille le spécialiste dans le communiqué publié par l’Université de Yale.

Il y a quelques mois, l’Institut d’océanographie Scripps, basé sur la surveillance hebdomadaire des niveaux de CO2, indiquait que l’atmosphère terrestre a officiellement atteint une concentration de CO2 de 400 parties par million (ppm), et « tout nous porte à croire que cette valeur ne diminuera pas, ni avant la fin de l’année, ni… jamais » précisait-il.