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Un antibiotique est présent dans nos cavités nasales !

Crédits : Hans / Pixabay

Notre nez, quel champ de bataille ! En effet, les bactéries présentes dans nos narines se défendent comme elles peuvent face aux agressions. Des chercheurs ont même découvert que ces bactéries utilisaient un antibiotique pour tuer un microbe responsable de nombreux décès chaque année.

Selon une étude d’une équipe de l’université de Tübingen (Allemagne), notre nez serait la zone de prédilection d’une bactérie nommée Staphylococcus lugdunensis. Cette dernière serait donc capable de produire un antibiotique : la lugdunine. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Nature le 27 juillet 2016.

La lugdunine serait capable de vaincre plusieurs bactéries pathogènes, dont le Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré), habituellement contracté en milieu hospitalier, résistant aux antibiotiques administrés, et responsable d’une grande variété d’infections pouvant être mortelles.

Les bactériologistes ont prélevé des échantillons de mucus en provenance du nez de 187 patients hospitalisés. Ils ont pu comprendre que les patients dont le nez hébergeait la bactérie Staphylocuccus lugdunensis avaient 6 fois moins de chances d’être atteint par un staphylocoque doré.

« En temps normal, les antibiotiques ne sont formés que par des bactéries et des champignons du sol. L’idée que la microflore humaine puisse aussi être une source d’agents antimicrobiens est une nouvelle découverte » explique le bactériologiste Andreas Peschel, pour BFM TV.

Les chercheurs veulent trouver de nouveaux moyens pour lutter contre l’antibiorésistance, et cette découverte peut s’avérer très utile pour les prochaines années de recherche. L’antibiorésistance est en effet un problème de santé publique très inquiétant. De plus en plus, les bactéries pathogènes résistent aux traitements par antibiotiques, ainsi les traitements sont de plus en plus inefficaces. Certains scientifiques prédisent qu’après l’an 2050, il y aura environ 10 millions de morts par an à cause des résistances aux traitements, soit un mort toutes les trois minutes en moyenne.

Sources : Agence Science PresseOuest France