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Antarctique : des restes de bois brûlé vieux de 75 millions d’années

Crédits : Maurilio Oliveira

Une équipe de paléobiologistes annonce avoir identifié les restes d’un incendie de forêt ayant ravagé l’Antarctique il y a 75 millions d’années, à l’époque où les dinosaures parcouraient encore la Terre. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Polar Research.

Marquée par de vastes incendies de forêt, la période de « Grand Feu » du Crétacé (il y a 100 millions à 66 millions d’années) est un événement ayant touché quasiment toutes les masses continentales au cours de cette période de l’histoire de la Terre. Nous savions que certains de ces incendies avaient ravagé l’Antarctique occidental. Dans le cadre d’une étude récente, une équipe décrit cette fois la première occurrence de macro-charbon fossilisé provenant de l’île James Ross, une partie de la péninsule antarctique qui se trouve maintenant sous l’Amérique du Sud, démontrant que cette région était également touchée.

À cette époque, l’île abritait une forêt tempérée de conifères, de fougères et de plantes angiospermes, ainsi que de nombreux dinosaures.

Des incendies plus fréquents qu’on ne le pensait

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs de l’Université fédérale de Pernambuco à Recife, au Brésil, ont analysé des fossiles collectés lors d’une expédition de 2015-2016 dans la partie nord-est de l’île. Ces fossiles (les plus gros ne mesuraient que 19 sur 38 millimètres) contenaient des fragments de plantes qui ressemblaient à des résidus de charbon de bois érodés au cours des dernières dizaines de millions d’années. Ces soupçons ont ensuite été confirmés par des analyses au microscope électronique à balayage.

Pour les chercheurs, ces fossiles sont probablement des gymnospermes brûlés, probablement d’une famille botanique de conifères appelée Araucariaceae. « Cette découverte élargit les connaissances sur l’occurrence des incendies de végétation pendant le Crétacé, montrant que de tels épisodes étaient plus fréquents qu’on ne l’imaginait auparavant« , a déclaré Flaviana Jorge de Lima, de l’Université fédérale de Pernambuco à Recife, au Brésil.

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L’île James Ross, située au sud de l’Amérique du Sud. Crédits : De Lima, FJ et coll. Recherche polaire (2021) ; CC BY 4.0
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Un petit fragment fossilisé du feu il y a 75 millions d’années. Crédits : De Lima, FJ et coll. Recherche polaire (2021) ; CC BY 4.0

Quant à l’origine de cet incendie, on ne peut que spéculer. À l’époque, cette région était à la merci de nombreuses sources d’inflammation, notamment des éclairs ou des chutes de météores, sans oublier l’activité volcanique très intense durant cette période comme le suggère la présence de restes fossiles dans les strates liées aux chutes de cendres. Ajoutez à cela une végétation inflammable et des niveaux élevés d’oxygène qui aident les incendies à brûler, et vous obtenez tous les ingrédients d’un départ de feu.

Il est donc plausible que l’une de ces sources ait enflammé le paléo-incendie dont résulte le charbon de bois rapporté ici.