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Anomalies inquiétantes dans la composition des produits à base de viandes

Crédits : moerschy / Pixabay

Un rapport de la DGCCRF rendu le 22 juin 2015 alerte sur la composition des produits à base de viande et des produits de charcuterie. Le rapport est particulièrement accablant concernant la composition des merguez.

La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a rendu le 22 juin dernier un rapport accablant sur la composition des produits à base de viande qui composent nos assiettes. Une étude de grande envergure menée sur 727 établissements qui ont fait l’objet de 808 actions de contrôle sur les produits de charcuterie (merguez, saucisserie fraîche…), les produits à base de viande (kebab…) et les plats cuisinés comportant de la viande. Résultat, le taux d’anomalies atteint 26,5 %, et la merguez est particulièrement visée.

Substitution d’espèces animales, emploi de colorants et d’additifs interdits, excessifs ou dissimulés, sont tout autant de pratiques courantes. Ainsi, l’analyse ADN a fait apparaître la présence d’espèces animales non annoncées ou non autorisées au regard des usages dans certains produits : porc (dans 11 % des échantillons), volaille (5 %), cheval (3 %). Une proportion particulièrement élevée pour les merguez, puisqu’une merguez sur quatre contient du porc sans l’annoncer dans la liste d’ingrédients. Kebabs (quantités supérieures de volaille) et salamis présentent également une proportion de viande réellement mise en œuvre inférieure à celle annoncée.

La plupart des merguez contrôlées présentaient des traces de colorants interdits ou dépassant les doses réglementaires, les ingrédients des mix d’additifs utilisés ou encore les arômes et les espèces employées n’étaient que rarement indiqués.

Le rapport dénonce également des produits « non conformes », fabriqués dans d’autres pays de l’Union européenne. Certaines charcuteries comportent des ingrédients non prévus par la réglementation, ainsi que l’utilisation abusive de signes de qualité. Les appellations « maison », « forestière », « frais » et « supérieur » sont ainsi généralement trompeuses. La restauration rapide est aussi visée, avec l’absence d’affichage des espèces animales entrant dans leur composition.

L’organisme explique un taux d’anomalies élevé (26,5 %) par l’insuffisance d’autocontrôles adéquats et de maîtrise des procédures de nettoyage, ainsi que par « l’introduction par les distributeurs de produits à bas prix en provenance d’autres États-membres, dont les critères de composition ne sont pas conformes aux usages et qui faussent la concurrence au détriment des producteurs français. » Une situation alarmante qui pousse la DGCCRF à « maintenir la pression ».

Source : dgccrf