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Ces 5 anciens scientifiques à qui le terme de savant fou convient à merveille

Crédits : kkolosov / Pixabay

Si aujourd’hui la connaissance scientifique et les technologies très poussées n’empêchent pas certains scientifiques de mener des expériences folles, imaginez celles menées par les scientifiques du passé. Cinq d’entre eux peuvent d’ailleurs postuler au titre de celui qui incarne le mieux le terme de « savant fou ». Les voici.

Giovanni Aldini

Luigi Galvani était un médecin italien qui, en 1780, avait découvert qu’en électrocutant une grenouille morte, ses membres bougeaient. Alors son neveu, Giovanni Aldini, a voulu aller plus loin en tentant de « ranimer » des cadavres humains, une pratique dont Giovanni Aldini a fait une sorte de spectacle qu’il présentait dans toute l’Europe, notamment à Londres, en 1803, où il a fait sa démonstration la plus célèbre devant des membres du Collège Royal de Chirurgie.

Ce jour-là, il a réalisé son « spectacle scientifique » sur le corps de Georges Forster, un homme de 26 ans exécuté pour avoir tué sa femme et son enfant. L’assemblée s’est vue totalement tétanisée lorsque, une fois que le courant a traversé le visage de l’homme décédé, les yeux et la bouche de ce dernier s’ouvrirent dans un rictus macabre. Mais ce n’était pas tout. Le médecin a ensuite branché un câble à l’oreille du cadavre, et un autre dans le rectum . Le corps de celui-ci s’est alors lancé dans une gigue insoutenable, distribuant coups de poing et coups de pieds désarticulés, laissant de nombreuses personnes présentes dans l’assemblée penser que l’homme était réellement revenu à la vie.

Sergei Bryukhonenko

Nous sommes dans la Russie de la fin des années 1920, et le Dr Sergei Bryukhonenko était un des directeurs de l’Institut de Recherche en Chirurgie Expérimentale. Grâce à des anticoagulants et à un système de circulation extra-corporelle qu’il avait lui-même mis au point, le docteur est parvenu à maintenir en vie des têtes de chien, sans corps donc, pendant plus de trois heures.

Au cours du 3e Congrès de Physiologie d’Union Soviétique, en 1928 et devant une assemblée de scientifiques internationaux, il a fait une démonstration de cette « prouesse », durant laquelle la tête coupée répondit à de nombreux stimuli. Pupilles contractées à la lumière, léchage de babines, et même une ingurgitation d’un morceau de fromage, ressorti intact de l’autre côté de l’œsophage faisaient partie du spectacle.

Robert E. Cornish

Ce jeune savant américain a obtenu un poste à l’Institut de Biologie Experimentale de l’université de Californie à l’âge de seulement 22 ans. Mais c’est à 27 ans que le savant est devenu « fou », lorsqu’il entreprit de ressusciter les morts à l’aide… d’une planche à bascule. L’homme était persuadé qu’en attachant le corps d’un homme mort dont les organes vitaux ne souffraient pas de dommages majeurs, il était possible de le ramener à la vie en faisant basculer la planche de façon continue, pour faire circuler le sang de manière artificielle.

Une méthode qu’il a ensuite voulu perfectionner sur des animaux et, en 1934, il se lança dans une série d’expériences de résurrection canine en public. Ce sont 4 fox-terriers qui ont servi à l’expérience publique, quatre chiens qu’il avait asphyxiés avant d’essayer de les ranimer à l’aide d’injections d’adrénaline, de bouche-à-truffe, et de sessions de « bascule ». Le plus fou, c’est que deux des chiens sont revenus à la vie et ont vécu pendant plusieurs mois, avec toutefois de sévères dommages cérébraux. Chose étrange, durant leur « seconde vie », ces chiens faisaient fuir leurs congénères.

Vladimir Demikhov et Robert J. White, une histoire de Guerre Froide

Durant la Guerre Froide, il était hors de question pour l’Union Soviétique ou pour les États-Unis de laisser son ennemi prendre une avance technologique ou scientifique. On a alors assisté à une sorte de match des savants fous entre Vladimir Demikhov, le Soviétique et Robert J. White, l’américain.

C’est le Soviétique qui a frappé en premier en choquant par la même occasion le monde entier lorsqu’en 1954, il a « créé » un chien à deux têtes. Grand chirurgien soviétique, Vladimir Demikhov avait été envoyé faire ses expériences dans un centre de recherche secret, où il avait greffé la tête et les pattes avant d’un chiot sur le cou d’un berger allemand. Aline Mosby, une journaliste de l’agence United Press qui se déplaça pour voir un des hybrides, rapporta que malgré leur système circulatoire commun, les deux têtes vivaient séparément, dormaient et se réveillaient à des heures différentes notamment.

Il aura fallu attendre quelques années, en 1961, pour qu’un homologue américain réponde à Demikhov. Il s’agit de Robert J. White, alors âgé de 34 ans qui, avec l’aide du gouvernement, a créé un centre de recherche sur le cerveau à Cleveland, dans l’Ohio. Ce gouvernement lui a bien entendu prié de faire tout ce qu’il fallait pour « battre » Demikhov, et garder la face devant le monde.

Pour ce chirurgien, la prouesse du Soviétique était impressionnante, mais il ne s’agissait pas d’une véritable greffe de tête. C’est donc dans cette direction qu’il s’est engagé. Plusieurs années d’expérimentations lui ont été nécessaires avant que le 14 mars 1970, il parvînt à greffer la tête d’un singe sur le corps d’un autre. Le singe s’est réveillé mais, si sa bouche et ses yeux fonctionnaient très bien, la moelle épinière avait été sectionnée, rendant la créature paralysée. Elle ne survécut qu’une journée.

Cette guerre des « prouesses scientifiques » n’a guère rendu le public enthousiaste, bien au contraire, le peuple américain ayant été affligé par les horreurs que cet homme avait commises sur l’animal au nom de la recherche.