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Les amérindiens ont été décimés en moins d’un siècle au contact des colons

Crédits : Wikimedia Commons

Au XVIe siècle, les indigènes d’Amérique ont subi une extermination de masse, fortement liée aux microbes véhiculés par les migrants. Les chercheurs se posent encore des questions, et certains ont utilisé la télédétection par laser afin d’en savoir plus sur l’étendue des dégâts.

Le fait que les populations natives américaines ont été décimées par les migrants européens à partir du XVIe siècle ne fait aucun doute, fait certifié par les plus grands historiens. Cependant, la dynamique du phénomène pose encore des questions. Des chercheurs se demandent combien de temps cette extermination a pris, si elle fut rapide ou non.

Une équipe de l’Université d’Harvard menée par l’archéologue Matt Liebmann pense avoir trouvé le moyen d’obtenir la réponse par le biais de la télédétection par laser (LIDAR), un outil fréquemment utilisé en météorologie, topographie et déjà en archéologie, par exemple lors de la découverte au Cambodge de la cité Mahendraparvata près d’Angkor. La découverte a fait l’objet d’une publication dans la revue Science le 25 janvier 2016.

La télédétection par laser permet de mesurer des distances au centimètre près. L’équipe de chercheurs menée par Matt Liebmann a donc pu cartographier certaines zones très fournies en forêts denses présentes dans l’état du Nouveau-Mexique (États-Unis). La superficie d’une vingtaine de villages existants autrefois a pu être mesurée, ainsi que le temps nécessaire à la forêt de reprendre l’espace laissé libre suite à la disparition des habitants.

Crédits : Wikimedia Commons

« Dans le sud-ouest des États-Unis, les premiers contacts entre les populations indigènes et les Européens ont eu lieu en 1539 […] et s’il fallut attendre 1620 avant d’en voir les premiers effets, la chute fut ensuite très rapide », explique Matt Liebmann.

Ainsi, 60 ans (entre 1620 et 1680) ont été nécessaires aux maladies pour quasiment emporter l’intégralité de la population locale de l’époque pendant laquelle le taux de mortalité avoisinait 90 %, selon les chercheurs. Les arbres ont donc suivi une courbe de progression inverse à celles des humains présents dans la zone étudiée. En d’autres termes, pendant qu’environ 9 humains sur 10 disparaissaient, la forêt reprenait ses droits.

Sources : Science AAASSciences et Avenir