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Amazonie : les consommateurs doivent agir pour “ne plus être complices de la déforestation”

Crédits : Wikipedia

Des dizaines de députés français et d’ONG ont récemment réagi aux feux ravageant l’Amazonie. Une tribune a été publiée, demandant clairement à l’Union européenne de se mettre en action. Il s’agit d’empêcher que tout produit lié à la déforestation ne pénètre sur le marché.

Une tribune pour ne plus être complice

La tribune publiée dans Le Journal du Dimanche ce 1er septembre 2019 reprend des informations connues. Les 46 députés et 17 ONG signataires ont rappelé que le taux de déforestation au Brésil avait baissé entre 2005 et 2015 – mais également que celui-ci était reparti à la hausse. En réalité, cette hausse est devenue très importante depuis l’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir.

Le nouveau gouvernement soutient ouvertement les industries et semble encourager les actions de déforestation. Jair Bolsonaro lui-même s’en est directement pris aux ONG qui dénonçaient un laxisme en termes de sanctions au niveau des exploitations illégales. De plus, les peuples autochtones sont plus que jamais en danger et les violations de leurs droits se font de plus en plus nombreuses.

Depuis son élection, le président Jair Bolsonaro a malheureusement encouragé l’accélération du processus de déforestation en Amazonie.
Crédits : Wikipedia

Le moment d’agir

Il faut savoir que notre pays est l’un des principaux importateurs de soja en Europe. La France pourrait même s’intéresser de plus en plus au bœuf brésilien avec l’accord de libre-échange Mercosur. Or, le soja et le bœuf ont une grande part de responsabilité dans la destruction de la forêt amazonienne. Selon les signataires de la tribune, il s’agit de réduire la consommation de viande et autres produits laitiers tout en se dirigeant vers des produits de meilleure qualité. Toutefois, la recherche de nouvelles filières plus responsables devrait prendre un certain temps.

En début d’année 2017, une loi sur le devoir de vigilance a été adoptée. Celle-ci stipule que les grandes sociétés doivent élaborer un plan permettant d’identifier efficacement l’impact de leurs produits sur l’environnement et les droits humains. En revanche, la liste des sociétés soumises à cette loi est encore inconnue, et il semble que cette loi ne soit pas réellement appliquée dans les faits. Autrement dit, une loi pour lutter contre la déforestation importée est une bonne chose, mais il manque encore une véritable volonté politique pour la faire appliquer.

En attendant que la machine se mette réellement en route, il semble que le consommateur français soit malgré lui complice de la déforestation. La tribune évoque la possibilité de mettre en place des sanctions commerciales sur les importations brésiliennes. Celles-ci pourraient être levées seulement en cas d’interruption de la déforestation. Par ailleurs, les filières doivent se montrer concernées, surtout en termes de traçabilité et de transparence vis-à-vis du consommateur.

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