in

Voici une raison supplémentaire de réduire la consommation d’aliments ultra-transformés

Crédits : FabricioMacedoPhotos/pixabay

Une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition suggère qu’une consommation excessive d’aliments ultra-transformés favorise le vieillissement biologique.

Que sont les aliments ultra-transformés ?

Depuis quelques années, les aliments ultra-transformés se distinguent des aliments simplement “transformés”. Dans ces derniers ne sont ajoutés que du sel, un peu de sucre, de l’huile ou encore du vinaigre. Les conserves de légumes, sardines et thons en boîte ou le fromage en sont des exemples. Les sachets de noix de cajou ou de cacahuètes en sont d’autres.

Les aliments ultra-transformés (AUT) sont quant à eux des produits dont la fabrication comporte plusieurs étapes et techniques de transformation. Ils sont principalement développés à partir de substances extraites d’aliments entiers (huiles, graisses, sucre, amidon, protéines) ou synthétisées en laboratoire, avant d’être créés de toute pièce. Des produits chimiques leur confèrent alors une couleur, une saveur, une texture et une durée de conservation plus longue.

Le but : créer des aliments et boissons pas chers, faciles à consommer, attractifs et agréables au goût. Les boissons gazeuses, les collations sucrées et les produits à base de viande reconstituée en sont quelques exemples. Les plats préparés surgelés en sont d’autres. Globalement, ces produits représentent environ 80% de l’offre actuelle en supermarché.

ultra-transformés
Les chips sont un exemple d’aliments ultra-transformés. Crédits : Bru-nO/pixabay

Les risques pour la santé

Tous ces traitements et produits chimiques augmentent la densité calorique de ces aliments tout en éliminant un maximum de vitamines et nutriments. Naturellement, il y a donc un risque pour la santé humaine.

Une étude menée chez les souris a par exemple déjà montré qu’un régime à base d’aliments ultra-transformés influence la composition microbienne de manière négative.

Dans le cadre d’une autre étude, des chercheurs ont également analysé des échantillons de selles de chasseurs-cueilleurs qui ne consomment pas d’aliments ultra-transformés. Ces échantillons avaient ensuite été comparés à ceux de personnes évoluant dans des pays industrialisés. Il en est ressorti que les chasseurs-cueilleurs avaient un microbiote intestinal beaucoup plus diversifié.

Les personnes consommant des aliments ultra-transformés de manière excessive ont également tendance à avoir des niveaux plus élevés de protéine C-réactive (CRP) dans leur corps. Il s’agit d’un marqueur sanguin qui témoigne d’une inflammation de l’organisme. Or, nous savons que des niveaux plus élevés de CRP sont associés à diverses maladies chroniques comme le cancer, l’arthrite, les maladies cardiovasculaires et le diabète.

Il faut également souligner que les produits ultra-transformés manquent de fibres. Or, elles sont une importante source de nourriture pour nos microbes intestinaux. Affamées, ces bactéries ont alors plus de mal à reconstituer la couche de mucus qui tapisse nos intestins. Celle-ci, qui agit comme une barrière protectrice contre le monde extérieur, se détériore, favorisant finalement l’entrée d’agents pathogènes.

ultra-transformés
Une couche de mucus fragilisée favorise alors les risques d’infections et de maladies. Crédits : OpenClipart-Vectors/pixabay

Des télomères plus courts

Enfin, à cette longue liste de problèmes de santé liés à ces aliments ultra-transformés semble s’ajouter une énième pathologie. D’après une étude récente parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition, la consommation excessive de cette nourriture favorise le vieillissement biologique.

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs espagnols se sont en effet intéressés à la longueur des télomères chez 886 volontaires de plus de 55 ans. En gros, les télomères sont de petits “bouchons” aux extrémités des chromosomes qui protègent l’information génétique dans les cellules. Ils se détériorent naturellement. Et plus ils se détériorent, plus nous vieillissons. Une fois détruits, ils conduisent finalement à la mort cellulaire.

Pour cette étude, les chercheurs ont réparti les participants en quatre groupes selon leur consommation d’aliments ultra-transformés : moins de deux portions quotidiennes, deux à 2,5 portions, 2,5 à 3 portions et plus de trois portions.

En analysant des échantillons de leur salive, les chercheurs ont constaté que le risque de présenter des télomères courts augmentait de 29% dans le groupe consommant 2 à 2,5 portions quotidiennes d’AUT et de 40% dans le troisième groupe (2,5 à 3 potions). Enfin, le risque augmentait de 82% chez les plus gros consommateurs.