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Alimentation : combien d’OGM sont-ils autorisés en France ?

Crédits : iStock

Dans notre pays, la mise en culture de semences OGM est formellement interdite. Néanmoins, nombre d’entre eux sont paradoxalement autorisés à l’importation, notamment pour l’alimentation humaine et animale.

Des OGM autorisés en France

Lorsque l’on évoque l’agriculture, le premier problème auquel nous pensons est l’utilisation de produits chimiques de type pesticides. Il faut dire que les dérives en lien avec le glyphosate de Monsanto ont été largement relayées dans les médias. Toutefois, d’autres craintes concernent aussi les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Il s’agit en effet d’organismes vivants dont l’ADN a subi des modifications afin d’obtenir de nouvelles propriétés. En France, la culture d’OGM est interdite sur le territoire, et ce, malgré la position plus souple de l’Union européenne. En effet, l’UE autorise par exemple la culture du maïs OGM MON810 bien que la France ait fait le choix de l’éviter.

Toutefois, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a apporté quelques nuances dans un communiqué publié le 5 janvier 2021. Selon l’enquête, une centaine d’OGM au total sont bien autorisés sur le sol français, notamment pour l’alimentation humaine et animale. Ces autorisations concernent entre autres le maïs, le colza, le coton, le soja et la betterave sucrière.

En réalité, il s’agit ici d’importations de produits alimentaires, seule voie légale d’entrée des OGM sur le sol français. Or, ces importations sont autorisées par la Commission européenne qui suit généralement les avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), généralement favorable aux OGM. Évoquons également le fait que si les cultures sont interdites, la commercialisation de semences contenant des OGM reste quant à elle possible, mais seulement à des fins de transformation.

fruits et legumes
Crédits : voltamax / Pixabay

Contrôler afin d’éviter les fraudes

La DGCCRF a affirmé contrôler régulièrement les produits alimentaires (ou textiles) à base d’OGM. Or, ceux-ci doivent absolument comporter une mention destinée à informer les consommateurs de ce détail. Néanmoins, cela n’empêche pas certaines ONG telles que Greenpeace de dénoncer vivement cette situation.

“La présence d’OGM non autorisés dans les semences, graines destinées à la culture et premier maillon de la chaîne alimentaire, peut avoir des conséquences irréversibles pour l’environnement et représenter un risque pour la santé si leur innocuité n’a pas été évaluée” peut-on lire dans le document.

Enfin, il faut rappeler qu’aujourd’hui cette innocuité dans l’alimentation n’a jamais été réellement prouvée. Il n’y a donc aucun consensus scientifique permettant d’affirmer fermement s’ils représentent ou non un danger. Néanmoins, évoquons tout de même une étude parue en 2015 qui affirmait que les tests sur les OGM (et les pesticides) sont faussés depuis plus d’un demi-siècle.