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Alimentation : ces pratiques scandaleuses des industriels

La Grande Malbouffe - ARTE

Le documentaire intitulé « La Grande Malbouffe », diffusé sur Arte début février, nous en apprend beaucoup sur les pratiques des grandes marques de l’industrie agroalimentaire. Dans le but de réduire les coûts et augmenter leurs marges, ces derniers développent des trésors d’ingéniosité… Au détriment de notre santé. Retour sur le contenu de ce documentaire édifiant et sur ces pratiques. 

30 ingrédients différents dans le cordon bleu industriel

La recette classique du cordon bleu ne requiert que 5 ingrédients : un filet de dinde ou de poulet, du bacon, du fromage, de la chapelure, et un œuf pour lier le tout. Le documentaire nous informe pourtant que dans l’industrie, le nombre de ces ingrédients passe de 5… à 30. En cause, le recours à des additifs.

La Grande Malbouffe - ARTE
Capture écran – La Grande Malbouffe – ARTE

Dans l’objectif de diminuer les coûts pour augmenter leur marge, la quantité et la qualité de viande sont fortement amoindries. Ainsi, exit les filets de dindes ou de poulets, place à des préparations de viande. Les composants de la viande sont agglomérés et reconstitués. Pour faire tenir le tout, et lui redonner un aspect de viande, des additifs sont incorporés comme la fibre de blé permettant d’apporter de la résistance. Cependant, aucune fibre musculaire n’est présente dans le résultat final. Une baisse de coût implique une énorme baisse de qualité.

Dans certains pays d’Europe, certaines marques low cost utilisent de la VSM : de la viande séparée mécaniquement. Il s’agit de viande de bout de chaîne. Tout ce qui reste lorsque l’on se débarrasse des carcasses est réutilisé pour en faire une purée. Vous l’aurez compris, la VSM n’a plus grand-chose à voir avec de la viande. Elle est d’ailleurs interdite d’utilisation en France.

Le fromage du cordon bleu n’est pas en reste. Lui aussi comporte des additifs, notamment le sel de fonte. C’est ce qui permet au fromage de briller et d’avoir cette texture élastique. Il augmenterait potentiellement les risques cardio-vasculaires.

L’additif à scandale : le E171

Parmi tous les additifs utilisés dans l’industrie agroalimentaire, il y en a un qui se retrouve depuis peu sous le feu des projecteurs : le E171 ou dioxyde de titane. En France, il est interdit depuis 2020. Le E171 est utilisé majoritairement dans l’élaboration de bonbons. C’est lui qui donne aux chewing-gums leur bel aspect patiné. Cependant, nous en retrouvons également dans la peinture, ou les crèmes solaires.

Le dioxyde de titane serait potentiellement dangereux pour la santé, car il contient des nanoparticules. Extrêmement petites, elles se glissent à l’intérieur des tissus du corps humain, passent dans le sang, avant de s’accumuler dans nos organes. Des tests sur des rats ont été effectués. Au bout de 100 jours d’alimentation au E171, certains d’entre eux avaient développé des lésions précancéreuses.

Mais les dangers potentiels ne se limitent pas au E17. Ils s’étendent à tous les additifs. Même si individuellement, 330 sont autorisés en France, les mélanges d’additifs entre eux pourraient avoir des effets dévastateurs sur notre santé.

Les auxiliaires technologiques : des ingrédients cachés

Saviez-vous qu’un jus de fruits comme l’ananas avait tendance à mousser ? C’est ce qui se passe lorsque vous le pressez à la maison. En revanche, lorsque vous l’achetez en grande surface, il n’y a pas de mousse lorsque vous le versez dans un verre. Cet exploit est rendu possible grâce à l’ajout d’un auxiliaire technologique, un agent anti-moussant en l’occurrence.

Un auxiliaire technologique est une substance, non catégorisée comme ingrédient alimentaire, qui intervient dans la préparation ou la transformation du produit. Officiellement, pas de trace dans le produit final.  Du coup, aucune mention n’en est faite dans la description du produit. Elles échappent donc aux règles de mention, mais également de contrôle.

Terrine de poulet liée à la transglutaminase -  Alexander Talbot
Terrine de poulet liée à la transglutaminase – Alexander Talbot Wikipedia

Et ces auxiliaires technologiques se retrouvent partout. Nous pouvons citer la transglutaminase (TG), aussi appelée « colle à la viande ». Il s’agit d’une enzyme qui peut joindre deux produits contenant des protéines. Elle permet de reconstituer des pièces de viande à partir de morceaux complètement différents. C’est ce qui permet de réaliser des performances comme des saucisses sans boyaux ou des combinaisons de viandes différentes (bœuf et poulet).