Et si les algues pouvaient un jour remplacer les cellules photovoltaïques ?

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Crédits : Lachlan Ross / Pexels

Il y a peu, une étude menée au Québec affirmait que les algues pourraient s’avérer utiles dans le cadre de la transition énergétique actuelle. En effet, leur processus de photosynthèse aurait la capacité de produire suffisamment d’énergie pour alimenter des appareils basse tension.

Profiter du mécanisme de photosynthèse

Actuellement, l’énergie solaire est un élément important de la transition énergétique, tout comme d’autres sources renouvelables, notamment l’énergie éolienne, l’énergie hydraulique, la géothermie ou encore la biomasse. Toutefois, les cellules photovoltaïques qui constituent les panneaux solaires pourraient bientôt avoir à faire face à un nouveau concurrent : les algues. Selon une étude publiée dans la revue Energies le 5 avril 2024, elles sont en effet très prometteuses, notamment dans l’alimentation d’appareils basse tension, par exemple certains capteurs de l’Internet des objets (IoT).

L’équipe de l’Université Concordia à Montréal (Québec) explique avoir découvert un moyen de récupérer l’énergie du processus de photosynthèse des algues. Cela a été possible grâce à une manipulation particulière : les algues ont été suspendues dans une solution avant d’être placées dans de petites cellules électriques.

« Tout comme les humains, les algues respirent constamment, mais elles absorbent du dioxyde de carbone et libèrent de l’oxygène. Grâce à leur mécanisme de photosynthèse, elles libèrent également des électrons lors de la respiration », a déclaré Dhilippan Panneerselvam, un des chercheurs de l’étude dans un communiqué.

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Crédits : Kuruvinashetti, K.; Pakkiriswami, S.S.; M. Panneerselvam, D.; Packirisamy, M. Energies, 2024, 17, 1749.

Une technologie encore très peu efficace

Le modèle mis au point par les chercheurs a pour but de capturer les électrons des algues afin de produire de l’électricité. Il s’agit ici d’une technologie d’émission négative qui intègre des cellules micro-photosynthétiques (µPSC). Les auteurs de l’étude précisent que lorsque ces µPSC sont correctement configurées, ces dernières peuvent générer une quantité d’énergie suffisante pour faire fonctionner des objets à très faible consommation. Autrement dit, s’il est question d’une technologie qui fonctionne sans lumière directe du soleil, l’intensité est bien moindre face aux possibilités des cellules photovoltaïques classiques.

Naturellement, les scientifiques québécois reconnaissent que leur système ne peut pas rivaliser avec les panneaux solaires habituels, en tout cas pour l’instant. Néanmoins, il n’est pas à exclure que dans le cas où de plus amples recherches sur le sujet venaient à faire progresser la technologie, elle pourrait se faire une place dans la liste des sources d’énergie renouvelable capables de peser sur la transition énergétique.

Enfin, il faut savoir que la technologie en question n’a aucunement recours à certaines ressources comme le gaz ou les microfibres, habituellement indispensables à la fabrication du silicium, un élément chimique prépondérant dans l’élaboration des cellules solaires. Les chercheurs ont affirmé utiliser des polymères biocompatibles qui permettent une décomposition plus aisée et de faibles coûts de fabrication.