in

Une usine produit des algues pour réduire les émissions de méthane du bétail

Crédits : suju/pixabay

Les bovins sont une importante source de rejet de méthane dans l’atmosphère. Or, ce gaz contribue beaucoup au réchauffement climatique. En Suède, une ferme d’algues mène donc une action visant à réduire les émissions de méthane des vaches.

Des algues pour éviter le méthane

En mai 2021, une usine plutôt spéciale a vu le jour à Lysekil, une petite ville du sud de la Suède. Son objectif n’est autre que la production d’une algue rouge très présente dans les mers tempérées : Asparagopsis taxiformis. Or, contrairement à la majorité des usines du genre qui mettent au point des biocarburants (ou de la biomasse), les algues sont ici produites afin de servir de fourrage pour le bétail. Dans un article publié par Euronews le 24 septembre 2021, le fondateur de la start-up Volta Greentech explique que 4% des émissions de gaz à effet de serre proviennent aujourd’hui des éructations de vaches sous forme de méthane. Or, cet impact est supérieur à celui de l’aviation.

Durant le processus de digestion se produit une fermentation naturelle dans un des estomacs de la vache. Or, de l’hydrogène et du dioxyde de carbone proviennent de cette fermentation, se transformant en méthane après l’action d’une enzyme. En une année, chacune des 1,5 milliard de vaches émet environ 90 kg de méthane. Or, ce gaz à un pouvoir réchauffant 25 fois supérieur au CO2, bien que sa durée de vie soit beaucoup plus courte.

Selon Volta Greentech, nourrir quotidiennement les vaches avec cent grammes d’aliments à base d’algues permet de supprimer l’enzyme responsable de la formation du méthane. Les promesses sont alléchantes puisqu’il est question de réduire les émissions de méthane de 80 %. Par ailleurs, les algues ne semblent pas gêner les animaux et ce régime ne change en rien le goût du lait et de la viande que nous consommons.

algues nourrir vaches
Crédits : Volta Greentech

Une production industrielle

Seulement, voilà, nourrir 1,5 milliard de vaches implique une production plus que conséquente. Or, il est impossible de récolter autant d’algues en milieu naturel. Ainsi, Volta Greentech veut industrialiser le processus grâce à sa nouvelle usine où les algues seront élevées dans des réservoirs tirant l’eau de mer et sous lumière artificielle. Par ailleurs, le bâtiment et l’eau seront chauffés grâce à la chaleur résiduelle d’une raffinerie de pétrole à proximité. Il est ici question d’un système fermé qui devrait permettre de produire constamment et de manière qualitative, peu importe les facteurs environnementaux.

Les algues font l’objet d’une croissance de 10 % par jour et arrivent à maturité en 35 jours. Ayant pleinement confiance en son concept, Volta Greentech travaille déjà avec Lantmännen, la plus importante société suédoise d’alimentation animale. Une seconde usine, se voulant être la plus grande ferme d’algues marines au monde, devrait voir le jour l’année prochaine.