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Un algorithme sismique montre l’ampleur de l’énorme éruption volcanique aux îles Tonga

Crédits : Japan Meteorological Agency / Wikipadia

Il y a deux mois, le volcan Hunga Tonga a généré une éruption très impressionnante. Des chercheurs du CNRS ont récemment élaboré un algorithme capable de détecter et de localiser presque en temps réel une explosion volcanique afin d’évaluer son ampleur. Or, ce même algorithme a permis d’obtenir de nouvelles informations sur l’éruption du Hunga Tonga.

Un algorithme pour gagner du temps

Le volcan sous-marin Hunga Tonga a explosé le 15 janvier 2022, détruisant pas moins de 90 % de l’île inhabitée de Hunga Tonga Ha’apai (Royaume de Tonga). Une semaine plus tard, la NASA estimait que cette éruption était plus puissante que des centaines de bombes nucléaires comme celle ayant dévasté Hiroshima (Japon) le 6 août 1945. Par ailleurs, l’immense nuage de cendres a atteint une altitude de 58 kilomètres, se propageant alors dans la mésosphère inférieure. Il s’agissait tout simplement du plus haut panache de cendres jamais recensé depuis l’apparition des observations satellitaires. Comme le rappelle une publication du CNRS le 20 avril 2022, l’éruption du Honga Tonga a généré une onde de choc atmosphérique qui a fait plusieurs fois le tour de la Terre.

Les stations de surveillance ont également capté des ondes sismiques un peu partout à la surface du globe. Or, des chercheurs du CNRS ont analysé ces mêmes ondes sismiques à l’aide d’un algorithme conçu pour l’occasion. Le but était d’une part de détecter et localiser quasiment en temps réel une explosion volcanique et d’autre part d’en évaluer l’ampleur en utilisant des équations décrivant les éruptions explosives. Habituellement, cette évaluation requiert un travail de terrain sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En effet, estimer le volume de cendres et de laves que l’éruption a produit prend un temps considérable.

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Crédits : NOAA / RAMMB / CIRA

Pour une meilleure prévention des risques

« C’est la première fois qu’on arrive à échantillonner ce type de panache volcanique aussi rapidement après l’éruption », a déclaré Valentin Duflot, dans un autre article du CNRS plus complet sur le sujet.

Selon les résultats, l’explosion du Hunga Tonga a rejeté un volume d’environ dix kilomètres cubes. Cette valeur fait de l’éruption explosive en question la plus forte du 21e siècle. Or, sa force est équivalente à celle de l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991. Les chercheurs estiment que cette méthode ayant recours à l’algorithme pourrait permettre d’étudier les éruptions explosives de grande ampleur plus facilement, en particulier celles se produisant dans des zones isolées.

Grâce à sa réactivité plutôt efficiente (environ une heure), l’algorithme pourrait aider à anticiper les zones exposées aux cendres. Or, dans la mesure où ces dernières peuvent impacter les activités humaines dans les airs et au sol, cette innovation semble plutôt bienvenue. Rappelons qu’en 2010, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll avait paralysé la plupart des aéroports du pays et grandement perturbé le trafic aérien en Europe.