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Cet algorithme a rédigé un article scientifique sur son propre cas

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Crédits : Egor Suvorov / iStock

Loin d’être inconnu dans le monde de l’intelligence artificielle, le GPT-3 a rédigé un article scientifique sous l’impulsion d’une chercheuse suédoise. Or, le sujet était… le GPT-3 lui-même. L’article, qui n’a pas manqué de surprendre les scientifiques, est pour l’instant disponible sur une plateforme de prépublication.

Rédiger 500 mots sur le GPT-3

Développé par OpenAI, l’algorithme Generative Pre-trained Transformer 3 (GPT-3) n’est pas une nouveauté en soi. En 2020, celui-ci a rédigé un éditorial pour le compte du journal britannique The Guardian. En 2021, GPT-3 était au centre du jeu AI Dungeon, un monde généré à l’infini qui change en fonction des décisions du joueur. Dans un article publié le 30 juin par le Scientific American, la chercheuse suédoise en neuroscience Almira Osmanovic Thunström explique quant à elle avoir également eu recours à cette intelligence artificielle.

La scientifique a donné l’indication suivante à l’algorithme de génération de texte : « Rédigez une thèse universitaire en 500 mots sur le GPT-3 et ajoutez des références scientifiques et des citations à l’intérieur du texte. » Or, Almira Osmanovic Thunström n’a pas caché sa surprise devant la qualité du texte que l’IA a produit. L’introduction ressemblait par exemple selon elle à celle de toute autre introduction de publications scientifiques de qualité.

Après la rédaction de l’introduction, la chercheuse a décidé de faire écrire un article complet à l’algorithme. Ce dernier s’est exécuté, semble-t-il, à merveille, rédigeant une véritable thèse pleine de citations efficaces dans des contextes opportuns. Cependant, Almira Osmanovic Thunström et son conseiller Steinn Steingrimsson ont donné à l’IA quelques instructions pour chaque paragraphe. Ainsi, le GPT-3 est le principal auteur, mais reste officiellement « accompagné » par les deux scientifiques.

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Crédits : Pere_Rubi / iStock

En attente de validation par des pairs

La chercheuse suédoise a expliqué pourquoi son choix s’est porté sur le GPT-3. Elle a indiqué que l’IA était très récente, qu’il existait peu d’études la concernant et donc que l’IA disposait de très peu de données à analyser pour la rédaction de l’article détaillant son propre cas. Il s’agissait également d’éviter de répandre de fausses informations sur un sujet délicat comme une maladie. En écrivant sur elle-même, l’IA a donc protégé ses coauteurs.

Seulement deux heures ont suffi à GPT-3 pour rédiger son papier, mais la publication semble prendre bien plus temps. Pour l’instant, l’article figure en effet sur la plateforme de prépublication HAL depuis le 21 juin 2022, suivi d’une discussion entre l’IA et ses coauteurs. Almira Osmanovic Thunström attend cependant avec impatience une possible validation du document par des pairs.