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Alcool en poudre, un « piège à cons » bientôt commercialisé aux Etats-Unis ?

Crédits : WerbeFabrik / Pixabay

Préparer des cocktails à l’aide d’un peu d’eau et d’un sachet de poudre, c’est ce que propose la société Lipsmark. L’entreprise a reçu lundi le feu vert du Bureau de taxation du commerce de l’alcool et Tabac avant que les autorités fédérales reviennent quelques heures plus tard sur cette décision.

L’alcool en poudre est déjà commercialisé dans plusieurs pays européens et au Japon depuis une dizaine d’années. Le concept est simple, il suffit de mélanger un peu de poudre de l’alcool souhaité avec de l’eau pour obtenir un verre d’alcool similaire à ce que l’on trouve dans les bouteilles. Lipsmark souhaiterait ainsi commercialiser quatre saveurs de cocktail en poudre contenant du rhum ou de la vodka. Une autre société américaine, Pat’s Backcountry vend déjà depuis la fin 2013 de la bière en poudre qu’il suffit de mélanger de avec un concentré de houblon et de l’eau gazéifiée.

La poudre mise au point par Lipsmark serait réservée aux personnes ayant l’âge légal pour acheter et consommer des boissons alcoolisées, soit 21 ans aux États-Unis. La société indique que son produit pourra être consommé comme « n’importe quel autre alcool, mais sous forme de poudre qui sera vendue partout où on peut acheter des boissons alcoolisées ». Elle déconseille toutefois de renifler la poudre. « Ne faites pas cela, ce serait irresponsable et pas une manière intelligente d’utiliser ce produit ».

« Un piège à cons »

Educalcool, un organisme qui lutte contre les excès de l’alcool par l’éducation estime qu’il s’agit là d’une « cochonnerie monumentale». «À première vue, c’est un véritable piège à cons. Les produits alcoolisés sont issus d’un procédé de vinification, de fermentation ou de distillation. Ce n’est pas normal d’avoir de l’alcool en poudre. On ne sait pas à quel point ils ont dénaturé le produit pour y arriver», dénonce Hubert Sacy, directeur général d’Educalcool. Spécialiste en pharmacologie, Mohamed Ben Amar s’inquiète aussi d’une possible commercialisation du produit. «On ne peut se réjouir qu’un tel produit soit sur le marché. Ça pousse à la consommation, ça donne un meilleur accès à l’alcool. On évalue déjà que 7 % de gens souffrent d’alcoolisme, ça pourrait augmenter», estime-t-il.

Lipsmark espère encore obtenir les autorisations nécessaires à la vente avant l’automne 2014.

>> En savoir plus : Palcohol

Sources : AFP, Journal de Montréal