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L’alcool a causé plus de 700 000 cas de cancer dans le monde en 2020

Crédits : LauritaM/Pixabay

Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs proposent des estimations mondiales, régionales et nationales du fardeau du cancer attribuable à l’alcool en 2020.

Cancer et alcool

La consommation d’alcool a déjà été associée à différents cancers, notamment du sein, du foie, du côlon, du rectum, de l’oropharynx, du larynx et de l’œsophage. Des estimations antérieures de la contribution de l’alcool à ces maladies ont déjà été faites, mais les modes de consommation évoluent selon les régions du monde. La consommation par habitant a par exemple diminué dans de nombreux pays européens, tandis qu’elle est en augmentation dans les pays asiatiques et d’Afrique subsaharienne.

Aussi, “de nouvelles estimations du fardeau du cancer attribuable à l’alcool sont justifiées“, souligne Harriet Rumgay, du Centre international de recherche sur le cancer, en France.

Dans le cadre de nouveaux travaux, la chercheuse et son équipe ont effectué leurs calculs en s’appuyant sur les estimations de consommation existantes en 2010 (sur la base de chiffres comprenant les données fiscales et de vente), ainsi que sur d’autres données telles que les estimations des risques de cancer connus pour être liés à l’alcool.

Il existe un délai entre la consommation d’alcool et le développement éventuel d’un cancer, il est donc nécessaire de prendre en compte une période de latence entre l’année des données d’exposition à l’alcool et l’année du diagnostic de cancer“, justifie le Dr Rumgay.

Les chercheurs ont combiné ces chiffres avec les estimations existantes des nouveaux cas de cancer en 2020 sur la base des enregistrements des années précédentes. De cette manière, leurs données n’ont pas été affectées par les perturbations dues à la pandémie de Covid-19. Ils ont ensuite estimé le nombre de ces cas probablement causés par la consommation de boissons alcoolisées.

Les hommes plus touchés

D’après ces résultats, la consommation d’alcool aurait été à l’origine d’environ 568 700 cas de cancer chez les hommes et 172 600 cas chez les femmes l’année dernière, soit plus de 740 000 cas au total. La majorité des cas de cancer impliquait des cancers de l’œsophage, du foie et du sein.

Autre point important : si la plupart des cas de cancer causés par l’alcool étaient liés à une consommation excessive ou dite “à risque”, même des niveaux faibles ou modérés de consommation d’alcool ont été liés à certains cancers. D’après ces données, boire jusqu’à 10 g d’alcool par jour (l’ équivalent d’une pression ou d’un petit verre de vin) aurait en effet favorisé entre 35 400 et 145 800 cas dans le monde en 2020.

Sans surprise, les résultats différaient également selon les régions. Globalement, la proportion de cas de cancer était plus faible en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest, mais plus élevée en Asie de l’Est et en Europe centrale et orientale. Selon la chercheuse, la prochaine étape sera d’estimer les décès par cancer dus à l’alcool.

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Crédits : MichaelGaida/Pixabay

Au regard de ces résultats, l’équipe suggère ce lien entre consommation d’alcool et cancer devrait être mis plus en avant par les autorités.

L’impact de l’alcool sur le cancer est souvent inconnu ou négligé. Nous avons donc besoin d’une sensibilisation accrue du public et de politiques visant à réduire la consommation globale afin de prévenir le fardeau des cancers et d’autres maladies attribuables à l’alcool“, souligne Harriet Rumgay. Elle propose notamment des étiquettes comportant des avertissements et des taxes plus élevées sur les boissons alcoolisées.