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Pour la première fois, un Airbus A340 s’est posé en Antarctique

Crédits : HiFly

Pour la première fois, un avion de ligne A340, opéré par la société portugaise Hi Fly, s’est posé en Antarctique. L’appareil transportait des passagers et du matériel destiné à rejoindre un nouveau camp d’aventure haut de gamme.

Le Hi Fly 801 avait décollé du Cap, en Afrique du Sud, le mardi 2 novembre dernier avant de se poser un peu plus de cinq heures plus tard sur une vaste étendue gelée, au beau milieu d’un désert entièrement immaculé de l’Antarctique, après 4 630 kilomètres parcourus. Selon la société portugaise Hi Fly, spécialisée dans la location d’appareils avec équipage, il s’agit d’une première pour ce type d’appareil. L’équipage de Hi Fly 801 (et son voyage de retour à Cape Town, Hi Fly 802) était dirigé par le capitaine Carlos Mirpuri qui est également vice-président de Hi Fly.

Se poser en Antarctique présente naturellement quelques défis, à commencer par la lumière du Soleil. Très vive, elle est en effet réfléchie par la glace. La piste n’était pas de première fortune non plus, désignée comme un « aéroport de niveau C », bien qu’il ne s’agisse pas techniquement d’un aéroport. Cela signifie que seul un équipage hautement spécialisé peut se permettre de s’y poser en raison de conditions difficiles. Un rainurage a été spécialement creusé le long de la piste par un équipement spécial dans le but d’augmenter le coefficient de freinage.

La question est : qu’est venu faire cet Airbus au beau milieu de l’Antarctique ?

airbus antarctique
Crédits : Marc Bow / Hi Fly

Un nouveau camp haut de gamme

Tous les passagers, vingt-trois au total, ont intégré le Wolf’s Fang (« Le Croc du loup »), un luxueux lieu de villégiature dirigé par la société White Desert qui organise d’onéreux séjours en Antarctique. Les membres d’équipage concernés ici n’étaient pas de riches touristes, mais des salariés de l’entreprise apportant avec eux des fournitures indispensables au complexe.

Rappelons que le premier vol enregistré vers l’Antarctique était un monoplan Lockheed Vega 1, piloté par le militaire australien George Hubert Wilkins en 1928. Ce dernier avait décollé de Deception Island, dans les îles Shetland du Sud.

Au cours de décennies suivantes, de courts vols exploratoires comme ceux-ci ont permis d’obtenir des informations cruciales sur la topographie de ce continent de glace. À ce jour, une quinzaine de stations de recherche (environ la moitié) propose des pistes pouvant accueillir des aéronefs, d’après le site Simple Flying.

Plus récemment, entre novembre 2019 et février 2020, un Boeing 767 de Titan Airways a atterri entre Le Cap et la Base antarctique Novolazarevskaya, qui propose une piste longue de trois kilomètres. Des Boeing 737 ont également déjà fait le voyage.

Notez enfin que ce n’est pas la première fois qu’un Airbus se pose « au bout du monde ». La Division Antarctique Australienne affrète en effet régulièrement un A319-115(lr) pour transporter son personnel de recherche vers ses trois stations locales.