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Agriculture : pourquoi la jachère est-elle une pratique très importante ?

Crédits : hackisan / iStock

À l’occasion du dernier salon de l’agriculture, Valérie Pécresse, candidate à l’élection présidentielle 2022, a fait une déclaration assez malvenue au sujet de la jachère. La candidate désire bannir cette pratique agricole historique pourtant très utile.

Une promesse qui ne plaît pas à tout le monde

Valérie Pécresse se dispute actuellement la seconde place des sondages d’intention de vote avec la candidate Marine Le Pen et derrière le président sortant Emmanuel Macron. Or, dans un tweet (voir ci-après) posté le 2 mars 2022 lors du dernier salon de l’agriculture, elle a affirmé vouloir mettre fin aux 4 % de jachère imposée aux agriculteurs.

Si la candidate semble vouloir se ranger du côté des agriculteurs, sa déclaration ne plaît pas à tout le monde. Pour beaucoup de ses détracteurs, notamment chez les principaux concernés, Valérie Pécresse ne comprend pas vraiment l’intérêt de la jachère. En quoi cette pratique est-elle utile, voire indispensable ?

La jachère, une pratique essentielle

La jachère est synonyme d’arrêt de toute culture (un temps de pause) au niveau des parcelles agricoles. Les agriculteurs procèdent alors à plusieurs labours dont l’objectif est la destruction des mauvaises herbes ainsi que l’accélération de la décomposition de la matière organique. En somme, la jachère permet aux terres arables de se reconstruire et de se restaurer en regagnant en fertilité. Cela limite au passage aussi les surproductions agricoles. La suppression de la jachère, et donc de ces temps de pause, signifie le sacrifice de davantage de terres que l’on pourrait qualifier de saines sur l’autel de la production.

Il faut également savoir que les conséquences sur l’environnement ne sont pas négligeables, plus précisément au niveau de la biodiversité. Par ailleurs, les fameux 4 % de jachère que les professionnels du secteur doivent respecter ne représentent pas un nombre très important, bien au contraire. Autrement dit, les terres se reposent déjà très peu.

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Crédits : Nigel Chadwick / Wikipedia

Jachère et infrastructures agroécologiques

Supprimer la jachère est au final un moyen d’encourager davantage l’agriculture intensive. Ce mode de culture implique aussi l’usage de nombreux pesticides. Or, depuis au moins deux décennies, les conséquences de ces pesticides sur l’environnement sont largement détaillées et dévoilées au grand jour. La biodiversité et la vie des sols se trouvent ainsi au cœur de ce désastre que la jachère est pourtant capable de limiter.

Un article du magazine GEO publié le 3 mars 2022 a donné la parole à Cécile Claveirole de l’association France Nature Environnement. Elle a alors confirmé l’incohérence des propos de la candidate avec la Politique agricole commune (PAC). Cécile Claveirole a qualifié la jachère de support pour la biodiversité et a indiqué qu’il n’était aucunement question de la supprimer. Pour l’experte, il faudrait plutôt mettre en place des infrastructures agroécologiques qui permettraient de favoriser la fertilité des sols et de soutenir ainsi la production.

Mais que signifie réellement le terme « infrastructures agroécologiques » ? Selon elle, redonner un nouveau souffle à la diversité des insectes et autres organismes ainsi qu’à la végétation implique de planter des arbres, des haies ou encore de créer des mares. Selon elle, cela serait bien plus efficace pour la productivité que la suppression de la jachère. Surtout, cela peut contribuer à préserver l’environnement en boostant la biodiversité et en limitant l’utilisation de pesticides.