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Comment les animaux sauvages pourraient être suivis grâce à l’ADN aéroporté

Crédits : kolibri5/pixabay

Les animaux libèrent constamment de l’ADN dans leur environnement. Ces traces, détectées dans le sol et l’eau, peuvent permettre d’identifier les espèces concernées. Désormais, c’est également possible en prélevant de l’ADN aéroporté. Des chercheurs ayant collecté des échantillons d’air dans des zoos ont en effet été capables d’identifier plusieurs animaux évoluant dans et autour des installations. À terme, ces travaux pourraient être utilisés comme un moyen non invasif de suivre l’évolution de la biodiversité sauvage.

L’ADN environnemental

L’ADN environnemental (eDNA) a révolutionné la manière dont les populations animales peuvent être surveillées et conservées. Plutôt que de s’appuyer sur des preuves physiques (pelage, écaille, excréments, urine, observations, etc.), les chercheurs peuvent aujourd’hui se fier à des fragments de matériel génétique libérés par les animaux se déplaçant dans leur environnement. Le simple fait de prélever un échantillon de sol ou d’eau peut ainsi donner aux chercheurs une idée des populations présentes.

Plus récemment, des chercheurs se sont demandé si l’ADN aéroporté pouvait également fournir le même niveau d’information. Une étude antérieure a déjà montré que l’ADNe d’insectes pouvait être détecté dans des échantillons d’air. Il y a quelques mois, une équipe anglaise a également réussi à détecter de l’ADN de rat-taupe nu en échantillonnant l’air des terriers des rongeurs en laboratoire. Mais qu’en est-il dans la nature ?

Pour tester davantage la technique, deux équipes de recherche se sont concentrées sur les populations animales deux zoos. Leurs travaux sont publiés dans Current Biology.

Une mine d’informations

Dans le cadre d’une première étude, les chercheurs ont utilisé des pompes à vide avec des filtres sensibles pour collecter plus de soixante-dix échantillons d’air dans le parc zoologique de Hamerton (Royaume-Uni). Ces derniers ont été prélevés à la fois dans les enclos des animaux et autour de la section publique extérieure. Après analyses, l’équipe a pu identifier l’ADN de vingt-cinq espèces différentes, dont dix-sept évoluaient dans le parc.

« Nous avons même pu collecter l’ADNe d’animaux qui se trouvaient à des centaines de mètres de l’endroit où nous testions, sans baisse significative de la concentration, et même à l’extérieur de bâtiments scellés« , souligne Elizabeth Clare, principale auteure de cette étude. « Les animaux étaient à l’intérieur, mais leur ADN s’échappait« .

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Crédits : davidosta/Pixabay

Pour la seconde étude, dirigée par Kristine Bohmann, les chercheurs ont utilisé un aspirateur commercial à base d’eau et deux ventilateurs soufflants pour collecter des échantillons d’air à trois endroits du zoo de Copenhague (Danemark). Et là encore, la pêche a été bonne ! « Dans seulement quarante échantillons, nous avons détecté quarante-neuf espèces couvrant des mammifères, des oiseaux, des amphibiens, des reptiles et des poissons« , notent les auteurs.

Encore une fois, tous ces animaux n’évoluaient pas dans le zoo. Les ADN de chiens, de chats, de souris, de rats, d’écureuils ou encore de hérissons ont ainsi été détectés. Les chercheurs ont également identifié des traces génétiques libérées par des espèces permettant de nourrir les animaux du zoo (poissons, boeufs, etc.).

En conclusion, les auteurs affirment que ces deux techniques pourraient aider les scientifiques à surveiller les environnements naturels avec un minimum de perturbations. Cela pourrait par ailleurs fournir de nouvelles informations sur la santé des espèces menacées ou alerter sur la présence d’organismes envahissants.