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Actuellement, le trou d’ozone est plus grand que le continent Antarctique

Trou d'ozone au 15 septembre 2021. Crédits : NASA.

Cette année, le trou dans la couche d’ozone occupe déjà une surface plus étendue que celle du continent Antarctique. Et si l’on en croit les prévisions, celui-ci devrait connaître une intensification rapide au cours des prochains jours.

Le trou dans la couche d’ozone (O3) est un déficit en ozone stratosphérique qui survient chaque fin d’hiver et début de printemps au-dessus du continent Antarctique. Autrement dit, entre septembre et octobre. Découvert en 1985, cette anomalie est devenue un symbole fort de l’impact que pouvaient avoir les activités humaines sur la chimie atmosphérique.

Grâce au protocole de Montréal et à ses amendements, les gaz impliqués – de type halogènes, largement utilisés au vingtième siècle – ont été remplacés par d’autres moins néfastes pour l’ozone stratosphérique. Toutefois, la durée de vie des composés émis est élevée. De fait, si un retour à la normale est en cours, il prendra du temps. Selon les scientifiques, le niveau moyen de 1980 ne devrait pas être retrouvé avant 2060-2070.

Un trou d’ozone plus grand que la moyenne

En cette mi-septembre, et à l’image de l’année passée, le trou d’ozone atteint déjà une taille supérieure à celle du continent blanc. « Les prévisions montrent que le trou de cette année est devenu un peu plus grand que d’habitude », note Vincent-Henri Peuch, directeur du service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS). Or, selon les projections, celui-ci devrait rapidement gagner en taille et en intensité au cours des prochains jours. « Nous envisageons un trou d’ozone plutôt grand et potentiellement profond ».

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Surface du trou d’ozone en 2021 (rouge) et 2020 (bleu). La surface moyenne sur la période 1979-2020 est indiquée par la courbe noire. Crédits : NASA.

Au 15 septembre, la surface couverte par une concentration en ozone inférieure à 220 unités Dobson (DU) se chiffrait à 23,4 millions de km². La concentration minimale observée par satellite à cette date était quant à elle de 136 DU. « Le trou d’ozone est (…) défini comme étant la région de valeurs d’ozone inférieures à 220 unités Dobson située au sud de 40° S. Les valeurs inférieures à 220 DU représentent les pertes d’ozone anthropiques au-dessus de l’Antarctique », rappelle la NASA sur son site dédié.

En 2019, le pôle sud enregistrait a contrario son déficit d’ozone le plus faible jamais observé. Ces fluctuations interannuelles sont liées à la configuration du vortex polaire. En effet, plus ce dernier est intense et froid, plus le déficit d’ozone est important. À l’inverse, lorsque le tourbillon est affaibli, les pertes en O3 sont limitées. Une relation qui s’explique par le fait que les réactions de destruction catalytique de l’ozone sont plus efficaces aux basses températures. Par ailleurs, en cas de vortex puissant, l’apport d’ozone depuis les latitudes plus basses est bloqué.