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Des abeilles de taille plus réduite en raison du dérèglement climatique ?

Abeille Crédits : gerson_rodriguez / Pixabay

Si plusieurs facteurs impactant les abeilles et d’autres pollinisateurs sont déjà connus, les recherches se poursuivent inlassablement. Récemment, une étude a montré comment les changements de température pouvaient influer sur le développement de ce type d’insectes.

Les abeilles plus volumineuses disparaissent

Aux États-Unis, des scientifiques de l’Université d’état de Caroline du Nord à Raleigh ont étudié l’évolution de plus de 20 000 abeilles appartenant à 154 espèces dans les montagnes Rocheuses, à l’ouest du pays. L’objectif ? Déterminer la réaction de ces insectes au dérèglement climatique. Publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B le 20 avril 2022, les résultats sont assez édifiants.

Dans leur publication, les chercheurs rappellent tout d’abord que la région subalpine où les travaux ont été menés est particulièrement vulnérable au changement climatique. Or, cette même région a accusé ces dernières années une baisse des effectifs des abeilles plus volumineuses. En revanche, les populations d’abeilles de taille plus réduite nichant dans le sol ont augmenté. Il s’avère que la hausse des températures au printemps et la précocité de la fonte des neiges facilitent ce phénomène.

Parmi les abeilles les plus grosses, nous retrouvons les abeilles trapues dites « coupeuses de feuilles » ainsi que les abeilles solitaires maçonnes. Par ailleurs, les bourdons ne sont pas en reste, ayant une tolérance plus faible à la chaleur et donc une tendance à se déplacer vers des régions plus fraîches en cas d’augmentation des températures.

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Crédits : DerWeg/Pixabay

Un constat préoccupant

Cette diminution des populations d’abeilles plus grosses et des bourdons serait en réalité liée à une possible reconfiguration de leurs zones d’habitation dans le contexte de dérèglement climatique. Or, les chercheurs expliquent que cela devrait générer des impacts indésirables sur la pollinisation et ainsi impacter l’intégrité des écosystèmes. Ils évoquent même un effet cascade. Les abeilles les plus imposantes volent plus loin pour se nourrir. Ainsi, il sera à l’avenir possiblement question d’une réduction de la pollinisation sur des distances plus longues.

En 2019, une étude espagnole s’était déjà intéressée à la réduction de la taille d’un autre type de pollinisateur : les guêpes. En évaluant des centaines d’échantillons, les chercheurs avaient déterminé qu’aujourd’hui, les guêpes étaient plus petites qu’il y a un siècle et que cela avait un lien étroit avec le réchauffement climatique.

Rappelons en outre que certains insectes principalement assurent la pollinisation animale à l’échelle mondiale. Surtout, les trois quarts des 115 cultures alimentaires prédominantes dépendent de cette même pollinisation animale. Malheureusement, la masse totale des insectes diminue dangereusement avec une possible disparition d’un tiers des espèces d’ici 2100.