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Des abeilles sont en guerre en Australie

Crédits : PollyDot / Pixabay

Une étude, publié dans le American Naturalist Journal apporte les premières preuves de guerre inter-espèce chez les abeilles. 

Une équipe d’écologues de Brisbane, Australie, et Oxford, Royaume-Uni a étudié 260 ruches sur une période de 5 ans, et trouvé que pour 46 d’entre elles, l’espèce occupant la ruche a changé. Ce nombre élevé suggère que ces invasions de ruches sont étonnement communes.

Les abeilles en question, de la tribu meliponini sont dépourvues de dard. « Elles vivent dans des arbres creux et autres cavités, elles sont assez communes dans la ville et ses alentours » explique Paul Cunningham, un des auteurs de l’étude. « Vers cette période de l’année, les gens voient de gros essaims près des arbres ou autour de leurs maisons, ce sont des champs de bataille. […] Si vous restez sous l’essaim, vous pouvez voir ces abeilles tomber au sol. Elles s’agrippent mutuellement, se retrouvent coincées ensemble et les deux abeilles meurent. » Les combattantes sont des ouvrières, des femelles stériles qui, quand elles ne se battent pas, récoltent le pollen et le nectar pour alimenter la colonie.

C’est en analysant les carcasses près d’une ruche disputée que l’équipe de chercheurs s’est rendu compte que les belligérantes appartenaient à deux espèces, Tetragonula carbonaria et Tetragonula hockingsi. Originellement occupé par carbonaria, le nid a été attaqué par hockingsi à trois reprises, et ce sont ces dernières qui ont fini par remporter la bataille. Après avoir trainé les ouvrières et les jeunes en dehors du nid, elles se sont mises à l’occuper. « Quelques mois plus tard, quand nous avons ouvert la ruche, il y avait une nouvelle reine, de l’espèce hockingsi, qui était la fille de la reine de la colonie attaquante » explique Cunningham.

Le fait que les vainqueurs élisent résidence dans le nid est un comportement intéressant et inédit, d’après Francis Ratnieks, professeur à l’Université de Sussex, et expert du comportement des abeilles. Des cas de pillages de ruche ont été observés au Brésil, mais les agresseuses sont trop grosses pour les nids qu’elles attaquent. Les abeilles australiennes sont de taille similaire, et le fait d’occuper le nid vaincu est une stratégie logique. « Si vous avez remporté la victoire, et volé la nourriture de la colonie victime, autant s’installer dans le nid » selon Ratnieks.

Souces : BBC newsThe American Naturalist