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Une abeille australienne vue pour la première fois en près de 100 ans

Crédits : James Dorey

La première fois que l’ont a vu cette abeille, c’était il y a 98 ans. Depuis, plus rien. On la pensait donc éteinte… jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau aperçue il y a quelques semaines.

Bienvenue à nouveau, Pharohylaeus lactiferus ! Cette espèce d’abeille originaire des forêts tropicales de l’est australien n’avait pas été vue depuis 1923. À l’époque, seuls six spécimens avaient été collectés.

Nous devons cette jolie découverte à James Dorey, qui est actuellement doctorant à l’Université Flinders. Ce dernier s’est récemment aventuré dans les forêts tropicales du Queensland et du nord de la Nouvelle-Galles-du-Sud dans le cadre de sa thèse portant sur les relations entre abeilles nichant au sol. Ayant appris la possible disparition de Pharohylaeus lactiferus dans cette région australienne, il en a donc également profité pour mener sa propre enquête.

Finalement, l’entomologiste en a isolé plusieurs sur trois des 245 sites étudiés, bien qu’il y ait eu quelques fausses alarmes en cours de route. “P . lactiferus fait partie d’un groupe appelé les abeilles masquées qui sont relativement glabres et ont des marques faciales assez remarquables“, explique le chercheur. “Cela les rend faciles à distinguer des autres abeilles“.

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Un portrait de Pharohylaeus lactiferus en gros plan. L’espèce a de nouveau été aperçue, 98 ans après sa découverte. Crédits : James Dorey

D’après les premières analyses de l’entomologiste, publiées dans le Journal of Hymenoptera Research, P . lactiferus n’évolue qu’à la périphérie des forêts tropicales et subtropicales. De plus, elle ne s’intéresse qu’aux fleurs de deux arbres : Stenocarpus sinuatis, dit l’arbre roue de feu, et Brachychiton acerifolius, un arbre à floraison en clochette rouge vif.

Le chercheur note également que d’autres abeilles pollinisent les mêmes fleurs. Aussi, si elle venait à disparaître, l’espèce n’entraînerait pas ces plantes avec elle. Naturellement, on ne lui souhaite pas.

Restaurer les habitats naturels

Comme le souligne l’étude, les plus grandes menaces pour les écosystèmes et les espèces dans le monde sont la perte, la fragmentation et la dégradation de l’habitat. L’Australie n’est pas épargnée. Plus de 40% de ses forêts et zones boisées ont en effet été défrichées depuis la colonisation européenne pour servir l’élevage. Au cours de ces quarante dernières années, plus de la moitié de tous les défrichements en Australie se sont opérés dans le Queensland.

Aussi, comme pour toutes les autres espèces animales, la clé pour sauver Lactiferus sera de préserver son habitat et si possible de le reconnecter afin que des populations séparées puissent mélanger leurs gènes.