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En combien de temps minimum peut-on courir un marathon ?

Crédits : Pixabay / Scapin

Le marathon le plus rapide jamais enregistré est à mettre au crédit du Kényan Dennis Kimetto, qui en 2014 a couru les 42 kilomètres en deux heures, deux minutes et 57 secondes. Le record féminin s’est quant à lui maintenu depuis 2003. Paula Radcliffe, de Grande-Bretagne, prit alors le temps de courir le marathon en deux heures 15 minutes et 25 secondes. Mais jusqu’où peut-on aller ? Y a-t-il un minimum de temps pour courir un marathon ou est-ce que les coureurs continueront à aller plus vite ?

De quoi avez-vous besoin pour courir un marathon plus rapidement ? Trois catégories de conditions doivent être remplies. Un coureur doit être fort, efficace, et les conditions du parcours doivent être idéales. Concernant la force, celle-ci est généralement mesurée par la vitesse à laquelle l’oxygène circule dans le corps du coureur. À quelle vitesse le corps peut-il apporter l’oxygène qu’il absorbe aux muscles pour qu’ils puissent l’utiliser et produire de l’énergie ? Ce taux, mesuré en millilitres d’oxygène par kilogramme de masse corporelle par minute, est plus simplement appelé VO2 max. Votre VO2 max dépend de votre âge, de votre sexe et bien sûr de votre entraînement. Mais en moyenne, les hommes adultes en bonne santé ont un VO2 max de 35-40 ml/kg/min alors que les femmes adultes en bonne santé ont un VO2 max moyen de 27 -31 ml/kg/min. Les coureurs d’élite, cependant, ont des taux qui sont plus du double de ces valeurs : autour de 85 ml/kg/min pour les hommes et de 77 ml/kg/min pour les femmes.

Pour être plus efficace, des études ont montré que l’entraînement par intervalles entraînait un meilleur VO2 max. Il s’agit alors d’alterner des périodes courtes d’entraînement intense avec d’autres moins physiques, mais plus longues. Cependant, il semble y avoir une limite sur la façon dont nous pouvons augmenter ce taux, et qui dépend de notre génétique. Par exemple, les femmes ont en moyenne des taux d’hémoglobine – une protéine chargée de transporter l’oxygène dans le sang – plus faibles que les hommes, ce qui contribue à allonger d’environ 10 % la durée de leur marathon. Il en est de même pour la capacité d’un coureur à transformer l’énergie de chaque foulée en puissance à savoir son efficacité mécanique. Bien que l’entraînement puisse évidemment aider à améliorer votre foulée, la composition de nos fibres musculaires joue un rôle important. Les fibres musculaires à contraction rapide, qui dépendent du glucose pour produire de l’énergie, fournissent de l’énergie pour de courts efforts, comme le sprint. D’un autre côté, les fibres musculaires lentes conviennent mieux aux efforts continus sur de longues périodes, comme le marathon.

L’efficacité d’un coureur dépend également de son cœur, et notamment de la capacité de ce dernier à pomper le sang vers les muscles. Les coureurs doivent généralement être en mesure de maintenir une fréquence cardiaque d’environ 160 battements par minute (ou près de 80 % de leur fréquence cardiaque maximale) durant la course, sans accumuler trop d’acide lactique dans les muscles.

Concernant les conditions extérieures, vous aurez toujours besoin d’un environnement idéal pour battre un record de marathon – même avec le meilleur équipement, la meilleure génétique et la meilleure formation. En effet, la plupart des records masculins ont été battus pendant le marathon de Berlin. Cela n’a rien de surprenant : l’itinéraire tend à être plus plat que les autres parcours. La majorité des records sont également battus en septembre et en avril, lorsque les températures sont plus modérées, et donc plus optimales pour la course.

Alors, si tous ces facteurs sont réunis, les humains pourront-ils un jour passer sous la barre des deux heures ? Si les limites ne sont pas précises, nous savons qu’elles existent. Le docteur Michael Joyner, professeur d’anesthésiologie à la Mayo Clinic (États-Unis), a développé un modèle de performance pour tenter de répondre à cette question. Lorsque tous les paramètres tels que la force du coureur, son efficacité et les conditions du parcours sont réglés sur leurs valeurs optimales, le modèle prédit ici que cette limite serait fixée à une heure, 57 minutes et 58 secondes. Joyner et ses collègues prédisent par ailleurs que la barre inférieure des deux heures sera brisée relativement tôt, entre 2025 et 2030, par un coureur de petite taille, habitué des hautes altitudes et pratiquant une activité physique intense depuis son enfance.

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