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Il a trouvé le moyen d’obliger les laboratoires médicaux à plus de transparence

Crédits : skeeze / Pixabay

Un chercheur britannique a utilisé la technologie blockchain du Bitcoin afin d’empêcher les laboratoires de modifier la direction de leurs études. Cette technique inédite tend à contraindre ces établissements à afficher plus de transparence.

Un scandale avait secoué le Royaume-Uni en 2001 après de nombreux suicides liés à la prescription de paroxétine, un antidépresseur. Et pourtant, une étude américaine avait décrété que ce médicament était sans danger, mais les révélations d’un psychiatre britannique avaient mis en lumière son caractère inefficace et ses dérives.

Ce scandale n’est évidemment pas le premier, mais un chercheur semble avoir trouvé la solution pour ne plus que l’histoire se répète. Greg Irving, de l’université de Cambridge, a eu une idée surprenante : utiliser la blockchain du Bitcoin afin d’empêcher les laboratoires de modifier leur protocole d’étude, une information qui a été délivrée par The Economist.

Pour arriver sur le marché, un médicament est soumis à des essais cliniques impliquant des tests sur des volontaires humains. Il s’agit d’une procédure très encadrée puisque les laboratoires médicaux doivent impérativement déclarer aux autorités compétentes la façon dont seront pratiqués les tests, en somme, leur méthodologie.

Ce cadre, qui semble légitime, semble prémunir le monde médical des dérives, mais en réalité, pas le moins du monde. En effet, chaque étude formule des hypothèses théoriques et lorsque les résultats ne collent pas avec ces dernières, les laboratoires sont tentés de modifier leur méthodologie afin d’orienter artificiellement les résultats. Selon Greg Irving, sur un échantillon de 137 tests cliniques déclarés sur clinicaltrials.gov (le registre américain en ligne), 60 tests auraient vu leur protocole initial subir des modifications.

Le chercheur est donc motivé par la possibilité d’empêcher de telles dérives qui peuvent à terme mettre la vie des patients en jeu. L’intéressé s’est alors servi du Bitcoin, la célèbre monnaie virtuelle.

« À l’aide d’un algorithme, le chercheur a tout d’abord calculé le ‘hash’ d’une étude, c’est-à-dire une suite de caractères uniques qui permet d’en vérifier l’intégrité. Si on modifie une seule virgule du document originel, la suite de caractères du ‘hash’ est totalement changée » peut-on lire dans un article du magazine We Demain, qui a relayé l’information en France.

Par la suite, Greg Irving a utilisé cette suite de caractères dans le cadre d’une transaction Bitcoin entre deux porte-monnaies lui appartenant. À la place du ‘hash’ aléatoire, il a collé le sien puis a effectué la transaction. Il a ainsi obtenu une autre suite de caractère, une sorte de clé publique, qui se trouve être datée et non modifiable, ayant de plus l’avantage d’être inscrite sur la blockchain.

Dans la pratique, il est donc possible de vérifier l’intégrité d’une étude clinique en sachant si cette dernière a vu sa méthodologie modifiée ou non. Il suffit simplement de comparer le ‘hash’ à la clé publique. De plus, cette technique pourrait s’avérer être plus sécuritaire au niveau de la propriété intellectuelle : il serait par ce biais possible de déposer une étude auprès des autorités sans révéler son protocole afin d’éviter les vols en ligne.

Sources : We DemainThe EconomistThe Guardian