Au rythme où va le réchauffement climatique, des villes du Sud de l’Europe telles que Lisbonne, Malaga ou Séville pourraient se retrouver au beau milieu d’un désert à l’horizon de 2100 et la plupart des villes méditerranéennes deviendraient trop chaudes pour être habitables.

Si les promesses de gros efforts ne sont pas tenues concernant le réchauffement climatique, la Méditerranée pourrait ne plus faire partie des destinations privilégiées pour les vacances, et ce dans quelques décennies seulement. En effet, en 2100, si le rythme du réchauffement n’est pas sérieusement freiné, la plupart des villes côtières de Méditerranée seront trop chaudes pour être habitables et certaines villes (comme Lisbonne au Portugal) pourraient même se retrouver au beau milieu d’un désert.

Ces prédictions peu optimistes publiées le 28 octobre dans la revue Science sont celles d’un modèle mis au point Joël Guiot et Wofgang Cramer, tous deux professeurs à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale. Pour établir ces projections, ils ont utilisé des modèles climatiques qui peuvent reconstituer avec précision jusqu’à 10 000 ans de changements dans les écosystèmes.

Dans leur étude, ils démontrent que si l’on veut maintenir le climat méditerranéen tel qu’il est aujourd’hui, il faut réduire suffisamment les émissions de dioxyde de carbone pour maintenir les températures globales à moins de 1,5°C au-dessus des niveaux enregistrés durant l’ère pré-industrielle. Malgré les accords de Paris sur le climat, les spécialistes estiment qu’il est peu probable que l’on parvienne à un tel résultat.

Si tel est le cas, la désertification gagnera la plupart du Portugal et les parties méridionales de l’Espagne (y compris Séville et Malaga), de l’Italie (y compris la Sicile et la Sardaigne) et de la Turquie. Un changement de climat très agressif qui aurait pour conséquence une migration de masse des animaux et des humains, sans parler des conséquences économiques.

De plus, comme le déclare Joel Guiot, cette modélisation n’inclut pas les détériorations humaines causées par l’urbanisation ou la dégradation des sols. « Si nous avions la possibilité d’inclure ces impacts humains, ce serait bien pire que ce que l’on a simulé« .

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