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À la recherche des “météorites perdues” de l’Antarctique

Crédits : Hannes Grobe/AWI / Wikipedia

Une mission « approuvée » récemment partira pour l’Antarctique en 2020 à la recherche des « météorites perdues » du 6e continent. De quoi nous en apprendre davantage la formation de notre Système Solaire.

L’Antarctique passerait a priori pour l’endroit idéal avec des roches sombres qui contrastent avec un paysage recouvert de glace et la fonte des neiges révélant régulièrement des météorites enfouies sur la surface. Mais curieusement, peu de météorites à base de fer ont été retrouvées sur le 6e continent, conduisant ainsi les chercheurs à vouloir pousser les recherches pour en connaître les raisons. Une expédition financée par le British Antarctic Survey vient d’obtenir le feu vert. Retrouver ces météorites pourrait nous donner des indices cruciaux sur la façon dont la vie a démarré sur notre planète et sur la formation de notre Système Solaire.

« Nous avons maintenant la possibilité de commencer une aventure scientifique vraiment excitante », a déclaré le chef de l’expédition Geoffrey Evatt, mathématicien à l’Université de Manchester. « En cas de succès, nos expéditions aideront les scientifiques à décoder les origines du système solaire ». Les météorites de fer intéressent en effet particulièrement les chercheurs, ces dernières étant formées à partir des noyaux de planétésimaux — ces petites planètes formées dans les premiers jours du Système Solaire et détruites par d’autres impacts planétaires. Dater ces météorites et détailler leur composition permettront aux chercheurs d’en apprendre davantage sur la manière dont les planètes se forment et sur l’évolution de notre système en général. Mais encore faut-il les trouver.

Certes, deux tiers des météorites du monde ont été trouvés en Antarctique, mais celles composées de fer se font néanmoins très rares (seulement 0,7 % des météorites collectées contre 5,5 % des météorites collectées dans le reste du monde). Pourquoi ces météorites sont-elles sous-représentées dans cette région du monde ? Une hypothèse avancée suggère que les météorites chauffées par la lumière du Soleil en raison de leur teneur en métal se mettent à fondre. Une fois que la glace qui les entoure a disparu, les pierres se mettent ensuite à « couler » et se retrouvent piégées assez profondément sous la surface pour ne pas se révéler à la fonte des glaces.

Pour la prochaine mission approuvée, les chercheurs utiliseront une nouvelle technologie basée sur détecteurs de métaux pour scanner les météorites cachées à quelques centimètres sous la surface. L’équipe testera tout d’abord sa technologie l’année prochaine sur l’île arctique de Svalbard avant de faire une visite préliminaire en Antarctique au cours de l’année 2019. L’expédition principale devrait quant à elle avoir lieu au début de l’année 2020.

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