in

Voici à quoi ressemblait « Tora » qui vivait il y a 800 ans en Norvège

Tora
Crédit : Åge Hojem, Musée de l'Université NTNU

Elle ressemble à n’importe quelle vieille femme que vous pourriez croiser dans la rue. Toutefois, celle que l’on surnomme Tora aurait en réalité vécu en Norvège il y a environ 800 ans. Des chercheurs ont reconstruit son allure en se basant sur l’analyse de son squelette.

Il y a deux ans, une reconstruction faciale assistée par ordinateur nous permettait de mettre un visage sur un crâne humain vieux de 8 000 ans, avant d’enchaîner avec la reconstruction faciale d’une femme de l’âge de pierre ayant vécu il y a 4 000 ans. Il y a plusieurs semaines, une équipe avait également entrepris de reconstruire le visage d’un supposé « vampire » enterré à la fin du XVIIIe siècle avec les fémurs disposés de manière entrecroisée sur sa poitrine.

Plus récemment, Ellen Grav, archéologue au musée universitaire de l’Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU), s’est attaquée à « Tora », une femme du Moyen Âge. Notez que le nom de Tora avait été sélectionné à l’issue d’un sondage public mené par NRK, une société de radiodiffusion norvégienne.

Les archéologues ont reconstitué son histoire en se basant sur des indices provenant de ses restes squelettiques et de l’endroit où son corps a été exhumé.

Une vie longue et de labeur

Tora serait née vers la fin des années 1200 et a vécu à Trondheim, au centre de la Norvège, où se côtoyaient de nombreux artisans et commerçants.

Les archéologues soupçonnent que les personnes enterrées dans ce cimetière étaient assez riches. Le fait que Tora ait vécu jusqu’à environ 65 ans, ce qui est considéré comme plutôt vieux pour l’époque, va également en ce sens. Naturellement, le fait de vivre aisément ne signifie pas nécessairement que l’on va vivre longtemps, mais à cette époque comme aujourd’hui, le fait d’avoir les moyens garantissait un accès à de meilleurs aliments en quantités suffisantes et à de meilleurs soins.

Une déformation de sa colonne vertébrale laisse également à penser que Tora marchait probablement en étant courbée vers l’avant. Elle n’avait plus non plus de dents inférieures depuis un moment. Ces deux indices laissent imaginer une vie marquée par le travail.

tora
Pour la peau du modèle, les artistes ont utilisé du silicone. Crédits : Åge Hojem, Musée de l’Université NTNU

Pour la reconstitution, l’archéologue a collaboré avec le maquilleur danois Thomas Foldberg, spécialisé dans le monde du cinéma. Pour le costume de Tora, elle s’est associée à Marianne Vedeler, spécialiste des textiles au Département d’archéologie de l’Université d’Oslo. Ensemble, elles ont fait des recherches sur les découvertes archéologiques de la région datant de l’époque où vivait Tora. Elles ont ensuite fait appel à Nille Glæsel, une couturière expérimentée de robes vikings et médiévales, pour confectionner une tenue pour le mannequin en utilisant uniquement les techniques de l’époque.

Quant à l’expression amicale de Tora, les chercheurs ont jugé important de renvoyer une image qui tranche avec notre regard toujours sombre et lourd de l’époque médiévale.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.