in

À Londres, un titanosaure éclipsera bientôt le célèbre diplodocus

Diplodocus titanosaure
Dippy, le diplodocus exposé au Museum d'histoire naturelle de Londres. Crédit : Fernando Losada Rodríguez

Un moulage de l’une des plus grandes créatures à avoir parcouru la Terre (Patagotitan mayorum) va devenir la nouvelle attraction phare du Muséum d’histoire naturelle de Londres, prenant la place de Dippy, le célèbre diplodocus.

Le moulage de Dippy est une réplique d’un squelette de Diplodocus carnegii, dont l’original est exposé au Carnegie Museum of Natural History de Pittsburgh (États-Unis). Le squelette de vingt-six mètres de long, exposé entre 1905 et 2017 dans la galerie Waterhouse du Muséum d’histoire naturelle de Londres, est le véritable emblème de l’établissement.

Après avoir entamé une tournée nationale des musées britanniques en février 2018, Dippy est ensuite retourné à Londres cet été. Il sera de nouveau transféré dans un autre musée britannique sous forme de prêt à long terme en 2023. Et pour le remplacer, les responsables de l’établissement ont vu grand, très grand.

L’un des plus gros dinosaures de tous les temps

Pesant près de soixante-dix tonnes pour une longueur avoisinant les trente-sept mètres de long, Patagotitan Mayorum compte en effet parmi les plus grands dinosaures de tous les temps connus à ce jour avec l’Argentinosaurus. « L’échelle de cette créature est extraordinaire« , explique le professeur Paul Barrett, expert en dinosaures du musée, au Guardian. « Il éclipserait tous les grands animaux terrestres modernes. C’est humiliant« .

Il y a environ 101 millions d’années, Patagotitan mayorum secouait le sol de la Patagonie moderne. Il représente l’une des trois ou quatre plus grandes espèces de titanosaures actuellement connues de la science. Ces animaux gigantesques, qui intégraient la famille des sauropodes, ne rivalisaient qu’avec les prédateurs les plus grands de leur époque.

« Ces herbivores engloutissaient des tonnes de plantes et les faisaient fermenter dans leur estomac. Ils produisaient alors d’énormes quantités de méthane comme sous-produit. À l’époque, vous n’auriez pas voulu traîner à l’arrière de l’un de ces animaux !« , poursuit le chercheur.

Ses restes ont été découverts en 2010 par un propriétaire de ranch qui était tombé à l’époque sur un gigantesque fémur qui sortait du sol. Plus tard, des experts argentins en fossiles ont déterré plus de deux cent autres ossements attribués à au moins six animaux individuels.

Patagotitan mayorum titanosaure
Photo prise au moment des fouilles, en 2013, montrant le fémur de 2,40 m de long. Crédit : Museo paleontologico Egidio Feruglio (MEF)

Plus tard, des moulages ont été réalisés à partir de tous ces os par le Museo Paleontológico Egidio Feruglio, en Patagonie. Ces moulages forment le squelette qui sera bientôt exposé à Londres.

Malgré ces mensurations colossales, il est à noter que le Patagotitan mayorum n’était pas plus grand qu’un bébé humain à la naissance. Dans le cadre de l’exposition, l’établissement présentera d’ailleurs un œuf de ce dinosaure fossilisé qui mesure environ quinze centimètres de diamètre.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.