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À l’avenir, les bateaux pourraient produire leur propre carburant grâce à l’eau de mer !

Crédits : PxHere

Et si les navires pouvaient produire eux-mêmes leur carburant en utilisant l’eau de mer ? Une étude récente affirme que c’est possible au moyen d’un processus nommé « conversion catalytique inversée ». Il s’agit ici d’obtenir des hydrocarbures avec le CO2 présent dans l’eau de mer.

Une énergie provenant de l’eau de mer

Ce n’est pas une nouveauté : le trafic maritime représente une énorme source de pollution. Toutefois, la transition énergétique est à l’œuvre avec l’apparition de navires fonctionnant à l’énergie électrique. En 2017, nous évoquions l’inauguration en Chine du premier navire électrique de 2 000 tonnes métriques. Or, ce navire a une capacité de batterie de 2,4 MWh. En 2019, le plus grand ferry électrique au monde faisait son apparition (voir ci-après). Baptisé Ellen, ce ferry embarque 56 tonnes de batteries pour une capacité de 4,3 MWh

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Crédits : E-Ferry

Une étude parue dans la revue Energy & Environmental Science le 7 juillet 2020 évoque un procédé étonnant. Le postulat de départ est simple. Si grâce à l’eau de mer, les navires étaient capables de fabriquer autant d’énergie qu’ils en consomment, ceux-ci disposeraient alors d’une réserve en carburant quasi illimitée ! Ainsi, ces mêmes navires ne consommeraient pas d’énergie fossile issue des exploitations de pétrole et pourraient rester plus longtemps en mer.

L’étude dirigée par le Département de génie chimique de l’Université de Rochester (États-Unis) évoque le procédé de conversion catalytique inversée. Il est question d’extraire le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’eau de mer et de le transformer en monoxyde de carbone (CO). Or, ce monoxyde de carbone subit à son tour une transformation en hydrocarbure.

Des résultats prometteurs

Le processus en question requiert l’utilisation d’un catalyseur en carbure de molybdène (Mo2C). Or, ce matériau extrêmement résistant à la chaleur est également parsemé de potassium et d’alumine gamma pour une meilleure efficacité de la réaction de catalyse. De plus, il s’agit de matériaux économiques et ayant déjà fait l’objet de tests par le passé.

L’étude pilote d’une durée de dix jours a témoigné d’une absence de signe de désactivation. Cette démonstration est donc un premier grand pas vers une possible démocratisation de cette solution concernant les navires. En attendant, les chercheurs devront la tester en condition réelle hors de leur laboratoire et parfaire leurs résultats.

En revanche, transformer le CO2 extrait de l’eau de mer en hydrocarbure sera sûrement source de pollution. Toutefois, le procédé a le mérite de ne pas avoir recours aux habituels carburants issus du pétrole tels que le Diesel et le fioul.