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À quelle distance l’explosion d’une supernova pourrait-elle nous tuer ?

Illustration artistique : ESO/L. Calçada

La distance à laquelle une explosion de supernova pourrait menacer la Terre est beaucoup plus importante qu’on ne le croyait d’après une étude récente. De 25 années-lumière, nous passons à 50. Et si toute vie sur Terre ne serait probablement pas anéantie, elle passerait en revanche un sale quart d’heure.

Une supernova est l’explosion cataclysmique d’une étoile effondrée sur elle-même qui peut briller plus vivement qu’une galaxie entière composée de centaines de milliards d’étoiles pendant un temps. Visuellement, elles sont sublimes et pratiques également puisqu’en explosant, les supernovae ensemencent l’Univers en redistribuant la matière. Elles sont néanmoins destructrices aussi. Si l’une d’elles explosait à proximité de la Terre, elle pourrait facilement anéantir notre monde. Mais à quelle distance exactement ?

Une étude récente publiée dans The Astrophysical Journal met à jour la distance à laquelle une supernova pourrait être « mortelle » pour la vie sur terre. Si les estimations précédentes tablaient sur 25 années-lumière, de nouveaux calculs suggèrent que 50 années-lumière seraient suffisantes pour déclencher des extinctions de masse. En explosant, les supernovae entraînent en effet une poussée d’énergie si intense qu’elle fait exploser une onde de choc de rayonnement et de particules dans l’espace interstellaire. L’espace est immense et les chances pour que ces rayonnements et particules heurtent la Terre, menaçant sa biochimie délicate, sont infimes, mais si tel était le cas, quelles seraient les conséquences pour les êtres vivants sur notre planète ?

« Les rayons cosmiques aiment voyager sur les lignes du champ magnétique. […] Un champ magnétique […] peut créer une autoroute pour les rayons cosmiques ou les bloquer », explique Adrian Melott, principal auteur de cette étude. « Si ces rayons étaient amenés à heurter la Terre, il n’y aurait probablement pas d’extinction de masse à proprement parler, mais beaucoup d’espèces n’y survivraient pas ». Ce fut en tout notamment le cas en Afrique durant le pléistocène où des fossiles retrouvés prouvent que des rayons cosmiques émis par l’explosion d’une supernova ont déjà atteint la Terre à cette époque.

Illustration artistique : NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

Si une explosion avait lieu aujourd’hui, à proximité de la Terre, elle influencerait probablement la lumière naturelle de la planète. Les rayons cosmiques qui frapperaient notre atmosphère répandraient alors une lueur faible et bleutée qui serait visible la nuit, ce qui pourrait affecter les cycles de sommeil de certains animaux diurnes. Les particules élémentaires pourraient également pénétrer la troposphère et irradier le vivant. Le nombre de cancers et de mutations exploserait. Enfin, les cascades d’interactions de particules dans l’atmosphère sont connues pour promouvoir des conditions propices à la foudre, ce qui entraînerait de plus en plus d’orages qui pourraient causer des incendies plus fréquents.

Les chercheurs estiment à ce jour que dans un avenir proche, l’étoile Bételgeuse, située dans la constellation d’Orion et éloignée de la Terre de 650 années-lumière, pourrait se transformer en supernova à tout moment. Alors devrions-nous commencer à creuser des bunkers ? « Inquiétez-vous du réchauffement climatique et de la guerre nucléaire, mais pas des explosions de supernova », répond le chercheur.

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