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À bord de l’ISS, des souris mutantes font l’objet d’une étude sur la vie en micropesanteur

Crédits : Wikimedia Commons / Rama

À bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), des souris mutantes ont fait l’objet d’une étude importante. Ces recherches concernent les conséquences de la vie en micropesanteur sur la masse musculaire et osseuse. Pour les chercheurs, il s’agit de trouver des solutions pour aider à lutter contre l’atrophie musculaire chez les astronautes.

Des souris bodybuildées

En décembre 2019, une quarantaine de souris femelles quittaient la Terre en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS). L’objectif ? Étudier les conséquences de la vie en micropesanteur sur la masse musculaire et osseuse. Depuis, les souris sont revenues sur Terre et les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences par des chercheurs du Jackson Laboratory.

Les chercheurs ont réparti les souris dans trois groupes, le premier étant un groupe “contrôle” de 24 individus. Le second groupe intégrait huit souris ayant fait l’objet d’une modification génétique sur Terre. Le but était d’obtenir une musculature deux fois plus importante. Quant au troisième groupe, il était question de huit autres souris ayant reçu les mêmes modifications. Toutefois, celles-ci ont eu lieu à bord de l’ISS et non sur Terre.

Selon les résultats, les souris du groupe contrôle ont perdu jusqu’à 18 % de leur masse musculaire et osseuse durant leur séjour. Les souris du second groupe ont maintenu leur masse musculaire. Quant à celles du troisième groupe, celles-ci sont revenues sur Terre avec une musculature encore plus imposante.

Anne McClain astronaute
Crédits : Wikipedia

Une première étape importante

À l’aide de ces résultats, les meneurs de l’étude espèrent trouver des solutions afin d’aider les astronautes à se prémunir contre l’atrophie musculaire. Rappelons que certains voyages peuvent être très longs comme celui prévu vers Mars, un voyage pour lequel neuf mois de trajet sont nécessaires. Toutefois, cette étude sur les souris bodybuildées n’est qu’une première étape. En effet, il faudra mener de plus amples expériences et d’autres essais cliniques. L’objectif est de permettre un transfert de ce modèle aux êtres humains, et ce en toute sécurité

«Nous sommes encore à des années de là. Mais ça se passe toujours comme ça lorsque l’on passe d’études sur des souris à des études sur des humains», a déclaré Emily German-Lee, une des chercheuses ayant participé à l’étude.

En mai 2019, nous évoquions une première étude sur des rongeurs menée par des scientifiques de l’Henry Ford Community College. Or, l’étude avait permis de comprendre que le manque de gravité peut affecter les articulations des astronautes, causer des problèmes d’atrophie musculaire et de perte de calcium osseux.