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En 42 ans, les populations de vertébrés se sont effondrées de 58%

La WWF (World Wildlife Fund) vient de publier son nouveau rapport « Planète Vivante 2016 », et celui-ci est tout à fait alarmant. On y apprend notamment qu’en l’espace de 42 ans, 58% des populations de vertébrés se sont effondrées. 

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% en quarante-deux ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte la WWF dans son rapport Planète vivante 2016, publié ce jeudi 27 octobre. Si rien n’est fait pour contrer cette tendance de manière concrète, ce déclin « devrait atteindre en moyenne 67% » d’ici à 2020.

« Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant« , alerte le directeur général du WWF International, Marco Lambertini. « Le déclin subi par les populations d’espèces sauvages est de plus en plus préoccupant« .

Le directeur met en avant la responsabilité des activités humaines sur l’environnement, mais s’il est coupable, l’homme en sera également la victime. « On est en train d’assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables (…) c’est un facteur de risque majeur pour nous » annonce Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Car « quand le vivant disparaît, c’est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée. L’humanité se met (…) elle-même en danger« . Le précédent rapport publié par la WWF date de 2014, et celui-ci faisait état d’une chute de 52% des populations de vertébrés dans le monde entre 1970 et 2010.

Les poissons d’eau douce font partie des espèces qui sont les plus touchées, avec une chute libre de 81% en moyenne des populations entre 1970 et 2012. Les populations des milieux marins ont-elles chuté de 36%, avec un tiers des espèces de requins et de raies qui sont à leur tour menacées d’extinction, essentiellement en raison de la surpêche et de la forte dégradation de leur habitat. Pour ce qui est des populations terrestres, la chute est de l’ordre de 38%.

En 2050, l’humanité aura besoin de deux planètes

Les causes de ce déclin de la faune mondiale sont essentiellement les activités humaines, comme la surexploitation (surpêche, braconnage…), la pollution, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les transports, la production d’énergie… Le changement climatique n’a lui pour le moment qu’une infime part de responsabilité, « parce qu’on n’en est qu’à un degré de réchauffement » planétaire par rapport à l’ère préindustrielle, précise Pascal Canfin. « On puise dans notre capital naturel de plus en plus tôt« .

À ce jour, la population mondiale atteint environ 7,4 milliards d’habitants, un chiffre qui devrait grimper à 9,7 milliards en 2050. Si l’on continue avec ce scénario, à cette date, l’humanité aurait besoin de deux planètes. La WWF conclut avec un appel clair aux dirigeants de ce monde. « Les conséquences de la pression humaine sur l’environnement sont de mieux en mieux connues et observées. Pourtant, il n’y a eu aucune réaction économique rationnelle » écrit la fondation qui appelle à « un développement économique soutenable« .

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